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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
Malgré la main-d’œuvre importante et la déperdition
excessive de mercure, des fortunes considérables s’édi
fièrent rien qu’en traitant le minerai par ces procédés pri
mitifs. L’exploitation des résidus et des minerais aban
donnés cessa d’être productive vers 1897, époque à
laquelle le gouvernement péruvien ferma la « Monnaie »
de Lima. La frappe de monnaie qui donnait à l’argent une
valeur factice ayant été interdite, le métal blanc dut être
vendu comme marchandise ; mais les prix étaient si bas
qu’ils ne suffisaient pas à couvrir les frais d’exploitation;
les haciendas de beneficios durent interrompre leurs
travaux.
VIII. — C’est à ce moment, critique pour l’industrie
minière du Cerro de Pasco, que l’on se rendit compte de
l’importance des dépôts de minerai de cuivre contenus dans
la plupart des mines d’argent. Des fonderies furent
installées, et grâce à la découverte de gisements de
houille, le prix du combustible, dont le taux élevé avait
toujours été la pierre d’achoppement pour les extractions
de minerai, baissa d’une façon sensible, et bientôt tous
les mineurs se jetèrent sur ce nouveau champ d’exploi
tation. Des sociétés à gros capitaux se constituèrent en
peu de temps. Parmi celles-ci on cite les mines de la
Esperanza, del Carmen, El Triunfo, la Victoria,
la Reductora, Santa Inez et Morococha; ces deux der
nières mines viennent d’être cédées à la Cerro de Pasco
Mining Company qui lésa payées trois millions comptants.
Cette opération indique quel pourrait être l’essor écono
mique de cette région, si elle était exploitée d’une façon
méthodique, avec toutes les facilités que procurent les
progrès de la mécanique moderne.
La majeure partie des mines ayant été achetée par l a
Cerro de Pasco Mining Company, l’exploitation du fameux