LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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divers points du Tambo, de l’Urubamba, sur le Tigré, le
Pastaza, le Napo, le Chinchipe ; mais les centres les plus
connus pour la richesse de leurs alluvions aurifères sont les
rivières et ruisseaux des régions vierges de Garabaya et
de Sandia, de Pataz, de San Antonio ; sur le Haut Mara-
non, près du Pongo de Manseriche ; sur le Paucartambo
dans la province de Guzco, etc.
XIV. — Le lavage de l’or forme la principale industrie
de certaines localités des frontières ; pendant la saison
sèche, la richesse des alluvions laissées à découvert par
la baisse des eaux est parfois si grande, que souvent le
précieux métal y apparaît sous forme depaillettesbrillantes.
Les Indiens et les métis fronterizos récoltent ces paillettes
en construisant des barrages permanents contre lesquels
viennent se déposer les parcelles d’or charriées par l’eau
à l’époque des crues.
Nous avons lavé avec un succès relatif les sables inter
mittents des plages des canaux fuégiens, particulièrement
à Slogett et à Barrilito, dans les îles Lennox, Hoste et
Picton, puis plus tard au Pérou les alluvions d’un petit
affluent du Tumbes ; eh bien ! les lavages opérés cependant
dans des conditions défectueuses sur ce dernier point
nous donnèrent en deux mois des résultats identiques à
ceux obtenus à la Terre de Feu dans un laps de temps
double. C’est dire que le sable était beaucoup plus riche.
Sur certains endroits nous avons vu des travailleurs actifs
récolter de 25 à 35 grammes d’or par jour. Nous citerons
encore l’entreprise d’un Allemand, Guillermo Wolf, qui,
avec 32 hommes, récolta en 20 jours 29 kilos d’or pur;
il est vrai que le lavage se faisait au « sluice », mais nous
devons ajouter que ces exemples ne sont pas fréquents.
On trouve l’or dans les sables ou alluvions, soit à fleur
du sol, soit à une certaine profondeur, et en plus ou moins