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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
propriété à perpétuité des chemins de fer cédés pour
soixante-dix ans par contrat de 1890, ainsi que tous ceux
qui, ultérieurement, seraient construits avec le capital de
la compagnie ; obligation, pour la Peruvian, de cons
truire les chemins de fer suivants : de la Oroya à Huan-
cayo ; de Sicuani au Cuzco ; de Ilo à Moquegua ; de
Yonan à la Vina; obligation, à charge du gouvernement
de verser pendant vingt ans, à la compagnie, une annuité
de 60.000 livres à prélever sur le produit du monopole du
tabac, dont la perception serait confiée à la Peruvian Cor
poration Company; remise à la compagnie de l’exploita
tion des quais exploités par le gouvernement, moyennant
un engagement de cette dernière de verser à l’État
40 pour 100 des recettes brutes pendant vingt ans et
50 pour 100 dans la suite ; cession de la propriété absolue
des 500.000 hectares du Pérunè et droit reconnu à
1.500.000 hectares supplémentaires lorsque serait terminé
le chemin de fer à l’Orient.
Ce projet d’arrangement n’ayant pas été approuvé par
la direction de la Peruvian Corporation à Londres, le re
présentant de la compagnie au Pérou a donné sa démis
sion, et la situation de la Peruvian vis-à-vis du gouver
nement resta dans le statu quo, avec une plus forte ten
sion dans les relations jusqu’en mars 1907, époque de
l’arrivée au Pérou de M. Guillaume Eyre, membre direc
teur de la Peruvian.
Le gouvernement fut autorisé à traiter ferme avec la
compagnie et à arranger les questions pendantes dérivant
de l’annulation de la dette extérieure. De son côté M. Eyre
était muni de tout pouvoir pour signer une transaction.
Celle-ci mit fin à tous ces litiges.
En 1905 les recettes du budget péruvien avaient été
estimées à 2.223.488 livres, mais elles se sont élevées à