LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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Ceja de Montana, où le climat et la nature leur seront
également favorables ; les parties basses doivent être aban
données aux hommes de couleur, qui, mieux que les
blancs, peuvent résister aux fièvres, sinon aux mous
tiques.
IV. — Pour nous résumer, nous devons dire que dans
l’état actuel, c’est surtout aux capitalistes, aux négociants
et aux industriels que le Pérou offre un immense champ
d’action, car c’est assurément un des pays les mieux doués
en diversité et abondance de ressources, et les grandes
entreprises ont le choix entre l’industrie minière, l’in
dustrie pastorale, l’industrie agricole, —cette dernière sur
la Costa, dans des terrains irrigués qui produiront ce qu’on
voudra, — et enfin l’exploitation des multiples etabondantes
richesses naturelles accumulées dans les merveilleuses
forêts de la Montana.
La réussite est assurée, là-bas, aux sociétés qui, rom
pant avec toute routine, voudront s’organiser sur des bases
solides, s’éviter tout d’abord les frais d’un haut personnel
européen, qui, souvent incapable, et ignorant tout du
pays où il est envoyé, part avec l’illusion de faire sans
peine une fortune rapide. Découragés avant d’être
quelque peu accoutumés aux usages et à la langue du
pays, avant de s’être acclimatés, ils rentrent le plus sou
vent en Europe avant d’avoir fait œuvre utile.
Dans cet ordre d’idées, les meilleurs résultats ont tou
jours été obtenus par les sociétés fondées entre un petit
nombre de capitalistes, qui dirigent et surveillent eux-
mêmes leurs affaires sans l’intervention des banques
d’émission qui ne s’intéressent aux meilleures conceptions
financières et commerciales en pays lointain, que jusqu’à
l’heure où elles ont pu faire coter leurs valeurs, et s’en
débarrassent après avoir touché d’importantes commis