LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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du futur canal. Les vapeurs des deux compagnies qui font
le service de cette côte sont des plus confortables et spé
cialement aménagés pour cette région chaude. Ils sont
généralement à trois ponts.
Les passagers de première classe ont de jolies cabines
construites sur le pont supérieur et qui s’ouvrent sur la
mer ; ils jouissent d’une spacieuse promenade sur la
dunette. Mais ce qui est « très couleur locale » et très
intéressant à observer, en raison des types variés qu’on y
rencontre, c’est l’installation des passagers de pont ou de
troisième.
A ces voyageurs, la compagnie n’assure que le trans
port, ils doivent pourvoir eux-mêmes à leur nourriture et à
leur couchage. La plupart de ces passagers qui sont des
mineurs, des marchands et marchandes de légumes, de
volailles, de bestiaux, etc., se répandent dans l’espace
laissé libre à l’avant du pont inférieur. Là, ils installent
de véritables campements ; ils y mangent, boivent et dor
ment entre les tas de choux, de pastèques (melons d’eau)
et de salades. Habitués à faire ce trajet, ils rient, chantent
et mènent grand tapage. La nuit ils se réfugient, pour
dormir, dans l’espace laissé libre par leurs animaux, voire
même entre les pattes de ces derniers.
Chacun saisit une place à sa convenance, les uns se
sont munis de leurs matelas, d’autres, les plus nombreux,
de hamacs, qu’ils suspendent à des crochets spécialement
disposés pour cet usage à la voûte du pont. C’est un
fouillis, un tohu-bohu d’hommes et de choses, des plus
pittoresques ; on voit çà et là des groupes de nègres, de
mulâtres, des Chinois, desCholos, des Indiennes aumilieu
desquels se roulent force chiens et marmaille.
Sans être pénible, la navigation semble interminable ;
aux côtes montagneuses et boisées de Colombie, succède