LE PÉROU ÉCONOMIQUE
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Aussitôt ancré dans la rade, le navire est envahi par
une multitude de bateliers qui en gesticulant et criant
parcourent les escaliers, salons et cabines comme dans
un simple port du Levant, en offrant leurs services.
Ces bateliers forment une corporation matriculée
comme nos commissionnaires. Le voyageur qui ne veut
pas attendre le moment où le vapeur sera remorqué jus
qu’à la Darsena et où il pourra débarquer à quai, opéra
tion qui s’effectue environ deux heures après son arrivée,
pourra se confier à ces bateliers soumis à un tarif qui
varie suivant le nombre de passagers. Par exemple :
Pour transporter un passager, 40 centavos (1 franc).
Pour transporter deux passagers avec une valise, cha
cun 50 centavos (1 fr. 25).
Une barque avec un rameur se paie 80 centavos
l’heure. Les bagages se paient à raison de 20 centavos
par malle ou ballot de marchandises. Les ballots ou
petites caisses de 40 décimètres cubes environ, 10 cen
tavos. Les bateliers sont responsables des avaries causées
par leur faute.
Un poste des douanes se trouve près du débarcadère ;
sont considérés comme bagages, etpar conséquent ne paient
pas de droit de douane : le linge, vêtements, chaussures,
bijoux et tous les objets d’usage personnel du voyageur,
y inclus les livres, mais tout cela en quantité normale;
lorsqu’il y a de l’excédent, il est fixé des droits suivant le
tarif des douanes. Les meubles, literie, batterie de
cuisine provenant de l’étranger, ne sont pas considérés
comme bagage, même lorsqu’ils sont usagés, sauf seu
lement pour les immigrants.
Le Callao, en sa qualité de ville maritime, est
une ville cosmopolite ; sa population est d’à peu près
35.000 habitants : il y a en outre, à certaines époques,