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LE PEROU ECONOMIQUE
faubourgs, la voie traverse une sorte de marécage cou
vert d’ajoncs et de roseaux, entrecoupés de bosquets de
bananiers et de tamaris aux tons rougeâtres, de pépinières
d’eucalyptus et de pins araucarias. Le paysage est brûlé
par un soleil implacable, par une sécheresse que ne vient
jamais rafraîchir la moindre pluie, ce qui fait que lecampo
qui environne Lima et le Callao est médiocrement enchan
teur. Un peu plus loin on aperçoit des cabanes en bambous
ou en torchis.
Cette sécheresse générale dans cette partie du Pérou,
donnerait à la région un aspect d’incroyable déso
lation, si de temps en temps, on n’apercevait une
hacienda (1) qui donne l’impression d’une oasis ver
doyante, avec ses plantations de canne à sucre, de maïs
et ses rizières. D’un autre côté, dans les chemins encaissés
et argileux qui longent la voie, on aperçoit des convois de
bœufs, des charrettes, des troupeaux que des bergers à
cheval ramènent à la ferme. Cette animation forme un
contraste agréable avec l’aridité environnante.
Dans le lointain, on distingue, avec les contreforts de la
Cordillère, les clochetons et les dômes qui font ressembler
Lima à une cité musulmane. On ne tarde pas à voir le
torrent le Rimac. Celui-ci se manifeste d’abord sous la
forme de quelques filets d’eaux jaunâtres, perdus dans un
lit d’une lieue de large avec, au milieu, un grand nombre
d’îlots de galets. C’est là que les entrepreneurs du pavage
jde Lima viennent se pourvoir des pavés qui leur sont né
cessaires. Il y a de quoi paver tout un royaume.
IL — A son arrivée au Pérou, François Pizarre chercha
longtemps un lieu propre à asseoir la capitale d’une co
lonie. Le 18 janvier 1535, le conquistador fonda la Ciudad
(1) Ferme, exploitation rurale.