Full text : Le Pérou économique

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LE  PÉROU  ÉCONOMIQUE

Péruviens.  A  Lima,  les  casas  de  gallos  (maisons  de  coqs),
sont  ouvertes  plusieurs  fois  par  semaine,  quelques-unes
mêmes  ouvrent  toutes  les  après-midi.  La  casa  de  gallo  est
toujours  un  cirque  en  miniature  peint  de  couleurs  claires.
L’entrée  coûte  un  franc.
La  foule  animée  des  parieurs  occupe  les  gradins  ;  toutes
les  catégories  sociales,  tous  les  types  de  race,  blancs,  noirs,
Cholos,  Indiens,  sont  confondus  sur  les  mêmes  bancs,
exaltés,  dominés  par  la  même  passion,  l’amour  du  jeu.
On  échange  les  paris  au  milieu  des  cris  bruyants,  des
courtiers  inscrivent  sur  des  carnets  le  chiffre  de  ces  paris.
Bientôt  on  introduit  les  combattants  que  l’on  présente
l’un  à  l’autre,  puis  on  les  arme  d’espuelas  (éperons)  ou
ergots  d’acier  acérés  qui  sont  soigneusement  ficelés  aux
ergots.  Un  inspecteur  officiel  s’assure  que  tout  est  fait  suivant ­
  les  règles  et  que  les  chances  sont  égales  pour  les
deux  lutteurs.  Puis,  le  silence  s’établit,  les  deux  champions
mis  en  présence  se  tournent  le  dos,  mais  presque  aussitôt,
ils  se  rapprochent  lentement  en  becquetant  le  sable  de
l’arène,  ils  s’observent  pendant  quelques  secondes,  tout  à
coup,  ils  s’élancent  l’un  sur  l’autre,  comme  poussés  par
un  même  ressort,  l’œil  sanglant,  la  plume  hérissée,  se
frappant  du  bec  et  de  l’ergot,  les  plumes  volent.  Le  combat ­
  dure  souvent  une  dizaine  de  minutes  suivant  la  force
et  la  science  tactique  des  deux  adversaires.  Nous  avons
vu  des  coqs  qui,  rendus  borgnes  et  blessés  par  plusieurs
coups  d’éperons,  continuaient  à  se  battre  avec  acharnement. ­

Quelquefois  la  lutte  est  courte  et  se  termine  par  la  mort
d’un  des  adversaires  atteint  d’un  maître  coup  d’éperon,  ou
la  tête  fendue  d’un  coup  de  bec  ;  parfois  aussi,  après  un
premier  engagement,  un  des  champions  refuse  le  combat.
La  victoire  appartient  au  survivant,  ou  à  celui  qui  a  blessé
            
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