loi 1‘KIÍSCIOKS DE L’ÊCüiNOMlE l’üLlTlQUE.
et les objets nécessaires pour la consoniniatioii de l’ouvrier, nous
déeouvi-ons un nouveau mardié où nous puissions nous jiroeurer
ees olijets à meilleur compte, les salaires de\ront baisser et les profits
s’aeeroitre. Mais, si ees choses que l’on obtient à meilleur compte, soit
par rextension du commerce étranger, soit [lar le perfectionnement
des machines, ne servent qu’à la consommation des riches, le taux
des profits n’éprouvera pas de changement. Le taux des salaires ne
saurait changer, quoique le vin, les velours, les soieries, et autres
objets de luxe, éprouvent une baisse de 50 pourcent; et par consé
quent les profits resteront les memes \
C’est pourquoi le commerce étranger, très-avantageux pour un
])ays, puisiju’il augmente le nombre et la variété des objets auxquels
on peut employer son revenu, et qu’en répandant avec abondance les
denrées à bon marché, il encourage les économies et favorise l’ac
cumulation des ciqiitaux, ce commerce, dis-je, ne tend nullement à
accroitre les profits du capital, à moins que les articles importés ne
soient de la nature de ceux que l’ouvrier consomme.
< Cette asseilio.i, pour être catégorique, n’en est pas moins parfaitement in
soutenable. — Si les prix bai sent, c'est que les sommes destinées à acheter ces
velours, ces soieries, ces superiluités dont parle Ricardo, ont diminué ou pris une
autre direction. Supposez une année de disette où les populations, inquiètes sur
leur existence, voient leurs épargnes se dissiper en achats de blé; une année où
les appels de la faim étouffent tous les autres désirs, toutes les autres jouissances :
supposez encore un revirement dans le goût des consommateurs, un de ces capri
ces soudains et inexplicables qui font préférer telle étoffe à telle autre, telle école
de coiffure ou de parure à telle autre école, et dans les deux cas vous aboutissez à
faire payer par l’industrie les frais de ces anomalies des saisons ou des esprits : —
dans les deux cas, c’est le travail qui comble le déficit créé par la famine, les crises
financières ou les mobiles décrets de la mode. Or, dès que l’on voit diminuer la
somme de travail à répartir entre les ouvriers, dès que s’affaiblit la demande de
bras, ou peut en conclure hardiment que la valeur du travail, en d’autres termes,
les salaires doivent bientôt fléchir. En effet, ce qui constitue la dotation de l'in
dustrie, ce sont les capitaux; si ces capitaux diminuent par la baisse des prix, il y
a atteinte grave portée au budget des travailleurs, et, dès lors, la part de chacun doit
s’affaiblir. Les profits de l’entrepreneur s’amoindrissent, et avec eux l’épargne au
moyen de laquelle se créent les fortunes, et avec l’épargne,enfin, ces fortunes mê
mes (jui sont la source d’où naissent les salaires. Dire (|ue les profits peuvent dimi
nuer sans qu'une diminution analogue atteigne la rémunération de l’ouvrier, c’est
donc dire que les sources d’un fleuve peuvent se tarir sans (|ue le niveau du fleuve
s’abaisse immédiatement ; c’est commettre une erreur (jue le souvenir des désas
tres de Manches:cr, de Spitalfieds, de Coventry et de l’Amérique eût dû épar
gner à Ricardo A. F.