Full text : Der Wirtschaftskrieg

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Bordeaux,  le  8  oetobre  1914.
J’ai  Thonneur  de  vous  communiquer  une  ordonnance ­
  rendue  le  2  courant,  par  le  Präsident  du  tribunal
civil  du  Havre,  sur  requete  du  ministere  public,  pour
l’application  du  däcret  du  27  septembre  dernier  qui,  en
meme  temps  qu’il  prohibe  tout  commerce  avec  les  Sujets
d’Allemagne  et  d’Autricbe-Hongrie,  interdit  a  ces  meines
sujets  de  se  livrer  directement  ou  par  personnes  interposäes
  ä  tout  commerce  en  Erance.  Je  joins  au  texte
de  cette  ordonnance  celui  des  räquisitions  qui  avaient
ätä  formuläes  par  le  procureur  de  la  Räpublique  agissant
au  nom  et  comme  repräsentant  de  F.intäret  public.
Cette  däcision  me  parait  de  nature  ä  faire  jurisprudence;
  je  vous  prie  donc  de  la  signaler  ä  l’attention
de  MM.  les  präsidents  des  tribunaux  civils  et  procureurs
  de  la  Räpublique  de  votre  ressort.
I.  -  REQUETE.
Le  procureur  de  la  Räpublique  ä  M.  le
Präsident  du  tribunal  civil  du  Havre.
Nous,  procureur  de  la  Räpublique  prfes  le  tribunal
civil  du  Havre:
Yu  la  lettre  ci-jointe  de  M.  le  directeur  des
douanes  du  Havre;
Attendu  qu’il  en  räsulte  que  dans  la  matinäe  d’hier,
1  oetobre,  la  maison  L...  et  Cie  a  prdsentd,  en  qualitd
de  cessionaire,  cinq  transferts  de  compte  en  entrepöt
signds  de  la  maison  N...  et  Cie,  agissant  comme  eddante
des  marchandises,  lesquelles  consistent  en...;
Attendu  que  la  maison  N...  et  Cie  est  considdrde
comme  une  maison  allemande  et  que,  par  suite,  conformdment
  aux  termes  du  dderet  du  27  septembre  1914,
article  2,  tous  les  actes  et  contrats  passds  par  eile
doivent  ötre  considdrds  comme  contraires  ä  l’ordre  public.
Avons  Thonneur  de  requdrir  qu’il  plaise  ä  Monsieur ­
  le  prdsident  du  tribunal  civil  de  vouloir  bien
ordonner  la  saisie  desdites  marchandises  et  de  toutes
celles  appartenant  ä  la  maison  N  ..  et  Cie  et  de  prendre
toutes  mesures  qu’il  jugera  utiles.
Au  parquet  du  Havre,  le  2  oetobre  1914.
II.  -  ORDONNANCE.
Nous,  Präsident  du  tribunal  civil  du  Havre,  Chevalier ­
  de  la  Lägion  d’honneur:
Yu  la  lettre  de  M.  le  directeur  des  douanes  du
Havre,  en  date  du  2  oetobre  1914;
Yu  la  requete  ä  nous  adressäe  par  M.  le  procureur
de  la  Räpublique  du  Havre,  ä  la  date  de  ce  jour;
Yu  le  däcret  du  27  septembre  1914;
Attendu  que  nous  estimons  qu’il  est  de  Fintäret
de  la  defense  nationale  de  saisir,  arreter  toutes  les
marchandises  de  quelque  nature  qu’elles  soient  appartenant ­
  ä  la  maison  N...  et  Cie,  qui,  jusqu’ä  preuve  du
contraire,  apparait  avoir  ätä  constituäe  uniquement
avec  des  capitaux  allemands,  qu’il  est  de  notoriätä
publique  que  cette  maison  est  administräe  exclusivement
  par  des  capitalistes  de  cette  nationalitä;
Attendu,  au  surplus,  que  cette  main-mise  de  la
justice  sur  les  marchandises  dont  s’agit,  consistant  en
denräes  alimentaires  et  par  consequent  räquisitionnables

constitue  une  mesure  de  sauvegarde  de  nature  a  empecher
qu’elles  ne  pass  ent  ä  l’ätranger  et  ne  servent  ultärieurement
  ä  ravitailler  les  troupes  ennemies  (pandectes
guerre  n°  429);
Attendu  qu’en  admettant  que  la  maison  N...  et  Cie
soit,  comme  eile  le  prätend,  une  soeiätä  anonyme  constituäe ­
  conformäment  a  la  loi  franxaise,  11  est  näcessaire
de  prendre  des  dispositions  qui  auront  pour  räsultat
de  protäger  les  intärets  des  actionnaires;
Attendu  qu’il  y  a  la  enfin  une  question  d’ordre
public  qui  nous  autorise  ä  prendre,  meme  d’office
tolles  mesures  que  nous  jugerons  utiles  pour  sauvegarder
les  intäräts  de  l’Etat  franyais  et  de  nos  nationaux,  que
ces  mesures  purement  conservatoires  et  provisoires  ne
sont  pas  de  nature  ä  porter  atteinte  aux  intäröts  de
qui  que  ce  soit;  qu’elles  permettront  d’attendre  la
ratification  par  le  Parlement  du  däcret  susvisä;  qu’il
y  a  lieu  de  nous  räserver  le  droit  de  prononcer  l’annulation
  de  tous  contrats  passes  en  violation  de  la  loi,
ou  s’il  y  a  lieu,  de  rapporter  la  präsente  ordonnance.
Par  ces  motifs:
Disons  et  ordonnons  que  toutes  les  marchandises
de  quelque  nature  qu’elles  soient  appartenant  ä  la
maison  N...  et  Cie,  entreposäes  dans  les  docks  et
entrepöts  du  Havre,  dans  tous  autres  magasins  ou  sur
les  quais,  et  notamment  celles  qui  ätant  encore  en
entrepöt,  ont  donnä  lieu  ä  des  transferts  avant  ou  apräs
le  4  aoüt  dernier,  seront,  par  les  soins  de  Maitres  T..
et  (x...,  huissiers  au  Havre,  par  nous  ä  ces  Ans  commis,
saisies-arretäes  entre  les  mains  de  M.  le  directeur  des
docks  et  entrepöts  du  Havre  et  de  tous  autres  dätenteurs.
Paison  däfense  aux  susdits  de  se  dessaisir  desdites
marchandises  sous  quelque  prätexte  que  ce  soit  et  ce,
jusqu’ä  ce  que  par  nous  il  en  ait  ätä  autrement  ordonnä;
disons  que  saute  par  eux  d’obtempärer  ä  la  präsente
ordonnance,  ils  seront  passibles  de  tels  dommagesintärets
  qu’il  appartiendra.
Ordonnons  que  la  präsente  däcision  sera  notifiäe
par  les  huissiers  commis  aux  tiers  saisis  et  ä  la  maison
N...  et  Cie,  ä  son  sifege  social  rue...,  dans  le  plus  bref  dälai.
Disons  que  copie  en  sera  en  outre  remise  par  les
soins  de  ces  officiers  ministäriels  ä  M.  le  directeur  de
Finscription  maritime,  ä  M.  le  directeur  des  douanes
et  ä  M.  le  Commandant  du  port.
Ordonnons  Fexäcution  provisoire  de  la  präsente
ordonnance,  nonobstant  Opposition  ou  appel  et  avant
enregistrement.
Donnäe  en  notre  cabinet  au  Havre,  le  deux  octobre
  mil  neuf  cent  quatorze.
Circulaire  ministerielle  tälägraphique  du
11  oetobre  1914,
Relative  ä  l’interdictiondesrelations
commerciales  avec  l’Allemagne  et
l’Autriche-Hongrie.
Le  garde  des  sceaux,  ministre  de  la  justice,  aux
procureurs  gänäraux.
Comme  suite  ä  ma  circulaire  du  8  courant  parue
dans  Journal  officiel  du  9  et  vous  signalant
            
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