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Les mesures légales dont, sous le nom de politique
négative, nous avons réservé l'examen à la seconde
partie du présent ouvrage, constituant toutes des ten-
‘atives de la classe des détaillants dans son ensemble
pour mettre la force publique au service de sa lutte
rontre la concurrence, et non des essais d’assainisse-
ment interne ide cette classe, par l’introduction d'un
statut légal, nous ne rompons pas notre plan en exami-
nant, tout de suite, l’éventualité et l’opportunité de
mesures légales destinées à prévenir la continuation
de cette invasion de la profession de détaillant. De
telles mesures auraient déjà l'inconvénient d’être un
accroc au principe de la liberté de l’industrie et du
commerce. Sans doute, ce principe a déjà subi bien des
limitaitions et il en subira encore ; toutefois, comme
1 est une conséquence logique du droit de libre dis-
position du citoyen sur lui-même, le limiter au point
de l’ébranler, c’est ébranler la démocratie et l'Etat
moderne, Il serait, en effet, facile de démontrer, par
des exemples historiques. qu’un système politique est
en décadence dès qu’il trahit les principes qui lui ont
donné naissance. Or, la classe moyenne ne saurait pré-
tendre à ce qu’on l’assainisse aux dépens de l’équili-
bre politique de l'Etat, puisqu’elle même légitime son
existence par le besoin que l'Etat aurait d’elle, décia-
rant ainsi, implicitement, qu’elle est là pour l'Etat, et
non l'Etat pour elle *, ?.
dun membre de la Chambre de commerce de Dresde,
"eproduites par Wernicke, op. cit, p. 243).
La situation qui fait l’objet de ce chapitre a été résumée
èn une phrase expressive, mais peu flatteuse pour l’armée
le médiocrités qui encombre le commerce, dans la Gewer-
beschau du 25 novembre 1901 : «Der kaufmännische Beruf
» Wird von vielen als ein Stand angesehen, für den die Ue-
> berschrift passend wäre : Hier kann Schutt abgeladen wer-
»den!»
: «L’Etat pourra toujours s’appuyer sur une solide classe