GENÈSE DU CAPITAL INDUSTRIEL
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seul vaisseau qui lui appartienne, ni un seul capitaine
en état de conduire un bâtiment à la mer. Tout est à
créer : port, bassins, chantiers, pilotes, matelots. Anvers
n'a pour elle que sa position, sou fleuve, et la bienveillance
d'un gouvernement fort et réparateur ; c’est
sur ces trois appuis qu’elle fonde l’espoir de sa prochaine
prospérité » (1).
Le préfet ne peut pas croire qu’Anvers ait été une
ville puissante. « Le chancelier de l’hôpital, dit-il, en
1500, en parle comme de la ville la plus riche de
l’Europe. L’autorité d’un tel garant est irrécusable, et
cependant l’esprit reste encore en suspens, lorsque l’on
considère combien il reste peu de vestiges de cette
ancienne opulence. La Bourse et la maison des Osterlings
sont les seuls édifices qui puissent faire croire
que jadis il se soit fait du commerce dans Anvers » (2).
La défense de naviguer sur l’Escaut avait été la ruine
d’Anvers. En 1801 deux navires seulement étaient
entrés dans ce port ! (3)
A l’exception des deux maisons de Banque de Cogels
et de C. J. M. de Wolf (4), la plupart des commerçants
étaient des simples bourgeois. La haute société n’était
composée que de la noblesse, de la magistrature et de
quelques descendants d’anciennes familles patriciennes
(5).
(1) lb. p. 60.
(2) Ib.
(3) Ib. Tableau 6.
(4) Genard. Anvers à travers les âges p. 542.
(5) G. Beetemé. Anvers métropole de commerce et des arts. Louvain,
1888, t. II.