156 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
L’agriculture qui, en 1846, était la base de l’économie
nationale a perdu son importance. L’industrie et le
commerce occupent aujourd’hui plus de bras qu’elle.
Mais ce ne sont pas seulement les grandes divisions
de l’activité nationale qui se sont modifiées ; l’indus
trie elle-même a changé de caractère, de structure et
de forme. Nous avons vu dans le Chapitre T combien
jadis elle dépendait de l’agriculture et de la sylvicul
ture, qui lui fournissaient la matière première toute
faite. Aujourd’hui de plus en plus, cette matière végé
tale et animale est remplacée par les produits du règne
minéral que l’homme doit façonner pour son usage.
L’industrie de la houille, dont la population était en
1846 inférieure à celle des industries textiles occupe au
jourd’hui la première place. En 1846, elle donnait de
l’occupation à 14.6 0 / o ; en 1896, à 17.5 % du total des
ouvriers (1). C’est la houille qui est devenue l'âme de
l’industrie moderne. La sidérurgie qui, en 1846, était
encore en grande partie localisée dans le pays de Na-
mur où les forêts lui fournissaient à bon marché son
combustible, a disparu de cette province. Le Hainaut
et le pays de Liège, centres de la production houillère,
ont absorbé presqu’entièrement l’industrie du fer. En
1896, sur 23.623 ouvriers de la sidérurgie, 21.598
étaient concentrés dans ces deux provinces (2).
(1) L’industrie de la houille occupait en 1846,45.846 ouvriers sur un
total de 314.842. (Rec. ind. 1846, p. 490 et 530; en 1896, 116.274 sur 663.935
(Rec. ind. 1896, v. XVIII, p. 172-173).
(2) Voici quelle était la localisation de l’industrie sidérurgique en 1846
et en 1896 (page suivante) :