LES CAUSES DE LA DECADENCE DU METlEft
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ont minutieusement prouvé l’impossibilité d’établir des
communications par bateaux à vapeur ou par chemin
de fer. X’avons nous donc encore rien appris ? Vesti
gia terrent » (1).
Ceux qui cherchent la solution du problème dans la
statistique n’approfondissent pas assez la ciuestion. Il
faut aller plus loin ; il faut comprendre avant tout les
caractères essentiels des deux principales formes de
production qui entrent en lutte — le métier et la fa
brique. (Pour l’industrie à domicile voir Chapitre XI).
Pour être bien clair, prenons un exemple concret ;
voyons quels ont été les changements qui se sont pro
duits dans la fabrication des chaussures.
Il y a quelques dizaines d’années, le métier prévalait
partout dans cette industrie ; la fabrique n’existait
pour ainsi dire pas.
Le cordonnier travaillait avec quelques ouvriers ou
seul ; il achetait lui-même son cuir ; il vendait lui-
même ses produits dans un petit magasin. Jusqu’en
1860, avant l’introduction de la machine à coudre, il
faisait la bottine entière. Ce n’est que plus tard que
la fabrication de la tige est devenue une opération
distincte. Au moyen-âge et même encore aujourd’hui,
dans quelques villages de Galicie, c’est le cordonnier
qui tanne lui-même les cuirs (2). Il réunissait donc,
dans sa seule personne, tout un ensemble de fonctions.
(1) Sombart. Der moderne Kapitalismus. 1. c. v. I, p. 628.
(2) l) r Cornélius von Paygert. Die soziale und wirtschaftliehe Lage
der galizischen Schuhmacher. (Staats- und sozialwissenschaftliche For-
schungen, herausgegeben von Gustav Schmoller, Bd. XI, Heft, 1).