ËSPRIT CAPITALISTE
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hypothèque sur une maison ou en lui vendant cette
maison ou terre. Il est heureux... que les capitalistes
d’Anvers et de Bruges aient des idées moins défavora
bles du commerce et des commerçants. Les maisons
religieuses et les abbayes qui, comme vous le savez,
sont en grand nombre dans les Pays-Bas Autrichiens,
sont très riches. On m’a assuré qu’elles avaient en
coffre des sommes d’argent très considérables qui, en
augmentant chaque année, diminuent aussi chaque an
née la masse du numéraire qui est en circulation » (1).
Les grands capitaux restaient donc inactifs pour le
commerce et l’industrie. Pour leur donner de la vie,
dit justement le Voyageur dans les Pay's Bas Autri
chiens, « il faudrait changer un peu les mœurs de la
nation » (2).
La Révolution française y contribua beaucoup. Les
grandes richesses passèrent alors des mains des couvents
et des capitalistes prudents dans celles des « nouveaux
riches », qui, n’ayant pas de tradition, étaient plus
accessibles à une éthique nouvelle.
Les changements économiques, que nous avons ana
lysés dans le chapitre sur les causes de la révolution
industrielle, ouvrirent à l’esprit capitaliste un champ
d’action nouveau. Des perspectives de gains énormes
apparurent à l’horizon industriel.
Ce fut alors Liéoin Bauwens, formé à la discipline
anglaise (3), qui comprit le premier la situation et bou-
(1) Ib. v.Ip. 46
t'2) Ib. v. IX, p. 31a.
(3) Napoi.kon Dk Pauw. Liévin Rauwens, ]. c. p. 10