260 ÉVOLUTION INDUSTRIELLE DE LA BELGIQUE
le 24 juin 1896 à la Chambre des Représentants, surtout
les chefs demétiers d’art, pourquoi ne pourraient-ils
ambitionner de voir leur mérite reconnu par l’octroi
d’une décoration professionnelle ? »
Aujourd’hui comme il y a cinquante ans, les hommes
d’Etat et quelques économistes belges, par un aveugle
ment fatal, méconnaissent encore l’irrésistible supério
rité de la fabrique. Ils n’ont en rien profité de la leçon
si dure que fut pour le pays la crise liniêre ; ils né
gligent ou ignorent les enseignements des théoriciens
les plus compétents.
« Au lieu de s’attacher à ménager la transition vers
une nouvelle distribution du travail, ils ont encouragé
la propension naturelle qui pousse des ouvriers peu
éclairés à se cramponner avec obstination à leurs ha
bitudes, à subir les privations, les souffrances, dans
l’espoir d’un revirement futur de jours meilleurs « (1).
Ces paroles ne sont pas de moi ; elles furent écrites
en 1848 par mon compatriote L. Wolowski, à propos
des fautes commises lors de la crise linière par les
politiciens belges. Il est triste de voir qu’après un
demi-siècle, elles n’ont rien perdu de leur actualité.
(1) L. Wolowski : Etudes d’économie politique et de statistique. Paris
1848 p. 16.