LA DÉCADENCE DE L’INDUSTRIE A DOMICILE
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Il ne s’agit pas d’un contrat de travail ici, mais
plutôt d’un contrat de louage d'ouvrage, caractéristi
que pour l’industrie à domicile.
3° L’ouvrier à domicile peut travailler dans l'atelier
d'un entrepreneur. Dans l’industrie de la cliaise à
Malines, exception faite pour quelques chaisiers, po
lisseurs et découpeurs qui, de façon constante, travail
lent chez eux, les hommes fréquentent l’atelier du pa
tron. Toutefois, bon nombre, pour ne pas dire la plu
part des chaisiers après avoir quitté l’atelier, conti
nuent le soir à travailler chez eux. L'ouvrier conser
ve même à l'atelier la liberté d’interrompre la besogne
quand il lui plaît. Quelques ateliers ferment une fois
l’obscurité venue ; l’ouvrier y perd les frais d’éclaira
ge, car il emporte son ouvrage et doit le continuer
chez lui (i). Il n’intervient entre le patron et l’ouvrier
qu’une convention de louage d'ouvrage, purement ver
bale d’ailleurs. Chaque remise d’ouvrage forme la ma
tière d’une convention distincte et suppose un nouvel
accord de volontés (2).
Dans l’industrie coulellière de Gembloux. des pa
trons ont établi des moteurs à vapeur, mis en ac
tivité certains jours et, moyennant redevance, les ou
vriers peuvent venir effectuer leurs travaux dans ces
ateliers (3).
4°) L'ouvrier à domicile peut travailler dans l'atelier
d'un autre ouvrier. Dans l'industrie cloutière, on trou-
(1) Ib. v. VIII, p. 46.
(2) Ib. p. 18.
(3) Ib v. I, p. 291.