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LE PÉROU ÉCONOMIQUE
la vigne et le nopal ou cochenillier. Toute cette végétation
est celle que l’on trouve à proximité de la mer. Les végé
taux se modifient peu à peu à mesure qu’on s’élève vers la
Sierra. Tout d’abord les variétés délicates cèdent la place
à de plus grossières, les plantes tropicales perdent peu à
peu du terrain et finissent par se mélanger avec celles de
nos pays tempérés à 1.000 ou 1.200 mètres.
A cette altitude, on commence à trouver en abondance
le cactus, les nopals et surtout un géant de l’espèce, le
peruvianus ; les arbres fruitiers croissent encore admira
blement ; de même la vigne qui donne des fruits comme
en France.
Toute cette région jusqu’à 3.000 mètres semble l’endroit
d’où l’Europe a tiré la pomme de terre, qui paraît être le
produit naturel du pays avec d’autres tubercules, l’alluco
et le massua.
Quoique du nord au sud de l’immense Costa, tous les
fruits, toutes les plantes et cultures que nous venons de
désigner viennent également bien et s’exploitent en plus
ou moins grande quantité, la nature semble avoir divisé
cette zone en plusieurs parties en donnant à chacune d’elles
une production spéciale, c’est-à-dire plus favorisée.
Par exemple, en partant du nord de la république, nous
trouvons la région de Tumbès spéciale pour ses tabacs ;
dans celles de Piura et de Paita et dans celle d’ÏCA
plus au sud, le coton est exploité en grand avec d’excellents
rendements; la région de Lamrayeque et de Chiclayo pro
duit du riz en abondance. Dans le département de Libertad,
les régions de Pacasmayo et de Trujillo se prêtent admi
rablement à la culture de la canne à sucre (1).
(1) Cette graminée, que l’on cultive encore daus de meilleures conditions
dans les vallées profondes de la Sierra et de la Montana, croît d’une
façon admirable dans cette partie de la Costa et y donne de plus grands