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DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE.
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des Serbes et des Monténégrins, dans leurs costumes divers. Au milieu de
tous ces gens qui mangent et boivent, des sommelières en tablier blanc, en
jupons courts et en souliers découpés, circulent, jolies et toutes pimpantes.
Il y a deux salles à manger : celle de première classe, et celle de deuxième
classe, destinée aux gens du pays et de la campagne qui viennent chaque
année par milliers se faire ventouser. Le paysan croit quil mourra dans
l’année s’il ne s’est pas fait appliquer des ventouses tel jour de l’année.
Le gouvernement a du intervenir et publier une ordonnance à ce sujet.
Le Slave, très-superstitieux, croit aux présages, aux amulettes, aux
sorciers, aux vampires qui se nourrissent du sang des vivants et de celui
la chevelure flottante et ornée d’un long voile blanc. Ce sont les wilas qui
tonnent les orages, qui font déborder les torrents; malheur à qui écoute la
voix perfide de ces Lorelevs des forêts slaves!
I n fantôme enveloppé d’un linceul et allant de village en village, porté
par les nuées, personnifie la peste aux yeux du paysan.
La veille de la Saint-Georges, les femmes s en vont dans les bois chercher
des fleurs et des herbes printanières qu’elles jettent dans de l’eau recueillie
sous la roue d’un moulin; et le lendemain elles se baignent dans cette eau
pour se pénétrer des forces vivifiantes de la nature rajeunie.
La sécheresse se prolonge-t-elle, on dépouille une jeune fille de ses
\ êtements, on la couvre tout entière d’herbes et de fleurs, et on la promène
d habitation en habitation, escortée de ses compagnes, qui ne cessent de
Paysan croate,
des morts, aux wilas : êtres de formes indécises qui habitent au fond des
forêts, au bord des rivières, et qu’on aperçoit dansant au clair de lune,