L’ÉCHANGE
prévoyant que leur blé leur restera sur les bras, font sous
enchère pour obtenir la préférence des trois acheteurs : ils
descendent à 20 francs. Mais à ce prix un des acheteurs qui
avaient fui revient et les voici quatre maintenant disposés à
prendre quatre sacs. Si les cinq vendeurs sont tous décidés
à vendre à tout prix, il faudra qu’ils se résignent à baisser
encore le prix (par exemple à 18 francs) afin de rappeler le
dernier acheteur, le plus timoré, et de faire monter la
demande au niveau de l'offre, c’est-à-dire à cinq sacs. Mais
il est possible aussi que l’un des vendeurs préfère remporter
son sac plutôt que de descendre au-dessous de 20 francs. En
ce cas, le prix de 20 francs restera le prix du marché, car, à
ce prix, il y aura quatre sacs vendus, quatre sacs achetés :
chaque demande trouvera sa contre-partie. La coïncidence
nécessaire se trouve réalisée.
3° Le prix du marché doit être tel qu’il donne satisfaction
au plus grand nombre possible de couples de vendeurs et
d'acheteurs présents sur le marché.
Représentons-nous les vendeurs et acheteurs, V et A, en
face les uns des autres sur le marché au blé, et exprimons
en chiffres leurs prétentions dans l’ordre décroissant — c’est-
à-dire en numérotant les vendeurs depuis celui qui prétend
au prix le plus élevé jusqu'à celui qui se contente du
moindre. et les acheteurs depuis celui qui est le plus serré
dans ses offres jusqu’à celui qui est le plus large :
V! demande. ! . ‘r. At offre...” . M.
V2 . hop
Vs . 15
Vs D . - °
v ea: > 4Fe _- ET.
Supposons que ce soit V! qui ouvre le feu en demandant
22 francs. À ce prix, il n’y a qu’un seul acheteur, Aë, qui soit
disposé à répondre, car aucun des quatre autres ne veut
monter à ce prix. Il n’y aurait donc à ce prix qu’un seul
marché conclu, un seul sac vendu, tandis qu’il y a quatre
autres vendeurs qui sont désireux de vendre fût-ce mème à
247