E PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE
Et maintenant superposons, dans un troisième diagramme
qui est précisément celui qui figure dans le texte, les deux
courbes déjà tracées, celle de la demande et celle de l'offre :
elles se croiseront nécessairement puisqu’elles vont en sens
inverse. Ce point d’ihitersection est d’une importance capitale,
car il marque précisément le moment psychologique, où les
quantités offertes et demandées étant égales, l'échange s’effectue
instantanément, comme une combinaison chimique. Et si
de ce point, marqué b sur la figure, l’on abaisse une verticale
sur l’horizontale où sont inscrits les prix, elle indiquera,
comme fait l’aiguille de la balance, le prix du marché, le prix
courant, 2 francs.
Et après? diront les sceptiques. Que nous apprend tout
cela ? Toutes ces courbes nous permettront-elles de prévoir
quand le café ou le pain haussera? — Hélas ! non. Mais c'est
quelque chose que de serrer dans des formules élégantes et
précises des notions qui n’étaient que des à peu près.
Nous avons supposé jusqu’à présent un nombre quelconque
de vendeurs et d’acheteurs — c’est-à-dire précisément ce
qu’on appelle le régime de libre concurrence — mais si l'on
suppose qu’il n’y a qu’un seul vendeur ou qu’un seul acheteur,
évidemment tout change. Ce second cas est ce qu'on
appelle le régime du monopole. -
Il ne faut pas croire que sous le régime du monopole le
prix n’est soumis à aucune autre règle que celle du bon
plaisir du monopoleur. Non, il y a sous le régime du
monopole une loi des prix, tout comme sous le régime de
la concurrence, Car le vendeur est obligé, par son propre
intérêt, à établir un prix tel qu’il assure le maximum de
débit.
Seulement, sous le régime du monopole le prix sera généralement
plus élevé que sous le régime de la concurrence,
parce que-si le monopoleur n’a pas intérêt à fixer un prix tel
qu’il empêcherait la vente, il a encore moins intérêt à fixer
son prix au plus bas, mais bien à choisir le prix qui lui
rapportera le profit net maximum, alors même qu’il devrait
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