PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
Néanmoins aujourd’hui on n’est pas si affirmatif et on
p
admet que c’est une situation fâcheuse pour un pays que
d’avoir — nous ne disons plus une balance de commerce
défavorable, ce qui, en effet, ne signifie rien — mais
une balance des comptes qui le constitue débiteur de
l’étranger.
En effet la diminution de son stock monétaire implique
un appauvrissement — sinon en soi, du moins relativement
aux autres pays — et la baisse des prix, en admettant qu’elle
soit le remède, n’en est pas moins un mal aussi: tous les pro-
ducteurs en savent quelque chose car ils voient leurs prolits
diminuer, et aussi les ouvriers, car la baisse des prix est tou-
jours suivie d’une baisse des salaires.
D’autre part l’existence d’un solde débiteur, en dehors
même de ses conséquences, est généralement la révélation
d’une situation fâcheuse : — elle indique, soit que le pays ne
peut sutfire à ses besoins ni payer avec son travail ce quil
demande à l’étranger ; — soit qu’il doit payer tribut à des
citoyens absentéistes qui vont manger leurs revenus au
dehors.
Et le pire sera si le pays, ne trouvant pas d'argent pour
payer ce solde éternellement débiteur, emprunte pour s'ac-
quitter, comme ces fils de fa:nille qui font renouveler à chaque
échéance les billets qu'ils ont souscrits ! (1).
et la baisse des prix, il tend nécessairement à se rétablir par une autre voie,
par la dépréciation de la monnaie nationale relativement à la monnaie étran-
gère : c’est ce qu’on appelle la hausse du change (voir ci-après). La hausse
du change a pour conséquence que l'achat de produits étrangers devient de
plus en plus onéreux, et au contraire la vente à l'étranger de plus en plus
lucrative. ,
En effet nous voyons les exportations de la France augmenter rapidement
malgré la désorganisation de ses industries, et la différence entre les expor-
tations et les importations, qui était effrayante, diminuer d'une année à l'autre.
Et déjà dans l’annéé 1924 le chiffre des exportations a dépassé celui des
importations : la balance est devenue favorable. , -
(4) Telle est malheureusement en ce moment la situation de la France, mais
la guerre est une excuse et d’ailleurs la situation actuelle de beaucoup d'autres
pays d’Europe est bien pire. -
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