DES BANQUES 411
970 francs à Paris (1) quand l’escompte était à 3 p. 0/0, ne se
négociera plus qu’à 930 fr. quand l’escompte sera à 7 p. 0/0;
c’est une dépréciation de plus de 4 p. 0/0. Dès lors les ban-
quiers de tous pays, notamment ceux qui font l’arbitrage (2),
ne manqueront pas de venir acheter ce papier en France,
puisqu’il y est à bas prix, et ils se trouveront constitués
débiteurs de la France pour tout le montant des sommes
qu’ils consacrent à ces achats.
Le second résultat c’est la dépréciation de toutes les valeurs
de Bourse. — Chaque financier sait que la Bourse est très
impressionnée par le taux de l’escompte et qu’une élévation
de l’escompte entraîne presque toujours une baisse des
cours. C’est qu’en effet les valeurs de Bourse (en particulier
celles qu’on appelle internationales parce qu’elles sont
cotées sur les principales Bourses de l’Europe) sont souvent
employées par les commerçants ou du moins par les ban-
quiers, au lieu et place du papier de commerce (3), pour
payer leurs dettes à l’étranger. Du jour où ils voient qu’ils
ne peuvent faire argent avec leurs effets en portefeuille ou
qu’ils ne le peuvent qu’avec de grosses pertes, ils préfèrent
se procurer des fonds en veadant leurs titres de rentes ou
valeurs mobilières quelconques. Celles-ci baissent donc et
suivent le sort du papier de commerce. Mais de même que
la baisse du papier attirait les dernandes des banquiers
étrangers, de même la baisse des valeurs de Bourse va pro-
voquer de nombreux achats des capitalistes étrangers, et
ainsi la France va se trouver constituée créancière de
l'étranger pour tout le montant des sommes considérables
consacrées à ses achats,
(4) Pour rendre le caleul plus clair, nous supposons l’escompte calculé pour
un an de terme.
2) V-ir ci-dessus, p. 394.
G Si vous avez un paiement à faire à Londres, le plus simple est sans doute
de chercher du papier de commerce payable à Londres, mais vous pouvez
vous servir également des coupons de la rente italienne, des obligations des
chemins de fer Lombards, des actions de la Banque ottomane, des Mines d'or
du Transvaal, du Rio Tinto, etc., qui sont également payables à Londres. Ce
sont de véritables monnaies internationales et employées continuellement à
ce rôle (nous nous placons, bien entendu, avant la guerre).