PRINCIPES D’ÉCONOMIE POLITIQUE
Les conditions de l’épargne.
Les animaux eux-mêmes, dû moins certains d’entre eux,
dont le plus connu est la foufmi, connaissent et pratiquent
l'épargne sous forme de thésaurisation. C’est, avec le travail
et parfois une ébauche de division du travail, le seul acte
économique commun auX animaux et aux hommes et
qui peut donc être qualifié par excellence de « naturel ». Et
même dans le monde végétal, l’épargne, sous forme de
réserves accumulées pout les besoins de l’avenir, est un
phénomène très fréquent;
Néanmoins il ne faudrfit pas croire que l’épargne se fasse
d’elle-même et spontarfêment. Il faut au contraire, pour
qu’elle se réalise, un ensemble de conditions assez difficiles
à remplir.
1° I faut d’abord qüe le travail soit assez productif pour
laisser un excédent sur les nécessités de la vie, car s’il est
imprudent de sacrifiet les besoins à venir aux biens présents,
il serait insensé, à l’inverse, de sacrifier le présent à l’avenir.
On ne doit donc épargner que sur les consommations qui
ne sont pas nécessaifes aux besoins de la vie physique et men-
tale, autrement dit, que sur les besoins de luxe : en sorte
qu’on pourrait dir, si contradictoire que paraisse l’accou-
plement de ces déux mots, que l’épargne elle-même est un
luxe qui n’est réalisable et recommandable que dans les
sociétés riches et dans les classes riches (1)
Et c’est pourquoi aussi on ne saurait poser en thèse géné-
râle que l'épargne comporte nécessairement la privation,
l’abstinence. Cette notion tendancieuse était inspiréé, incons-
(1) Dans les nations riches, l’épargne semble varier entre 10 à 20 p. 0/0
du revenu total. C’est à cette proportion que peuvent être évaluées les épargnes
>nouelles de la France : 4 à 5 milliards sur un revenu total de 30 à 35 mil-
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