Object: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

DE L’ADRIATIQUE AU DANUBE. 
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Ses frères se moquèrent de lui, mais il ne s’en émut pas. 
Cependant, comme ils traversaient un marais, son cheval resta embourbé. 
Il fut obligé d’appeler ses frères à son aide; et les railleries tombè 
rent sur lui de plus belle. 
Une seconde fois, le petit cheval s’embourba, et de nouveau les onze 
frères, qui étaient montés sur des chevaux très-robustes, durent venir au 
secours de leur frère cadet. 
— Tu n’es qu’un sot, lui dirent-ils; pourquoi ne pas prendre un cheval 
comme les nôtres?... Si tu t’embourbes encore, c’est ton affaire, nous ne 
reviendrons plus sur nos pas... 
Vers le soir, le petit cheval s’enfonça de nouveau dans une fondrière, et 
malgré tous ses efforts et ceux de son cavalier, il ne parvint point à se tirer 
de ce mauvais pas. 
Alors, comme celui-ci se désespérait, le cheval se mit tout à coup à lui 
parler : 
— Ne t’inquiète pas ainsi... Tes frères sont-ils encore en vue? 
— Non... Il y a un moment, ou les apercevait comme des points noirs; 
maintenant, on ne les voit plus. 
— C’est bien. 
Alors déployant des ailes invisibles, voilà que le cheval s’élève tout à 
coup dans les airs et emporte avec lui son cavalier. 
Ils franchirent de longs espaces semés d étoiles, et à l’endroit de la forêt 
où demeurait le vieux kanasz, le cheval enchanté s’abattit et reprit sa forme 
ordinaire. 
Personne n’était au logis. 
Le jeune homme mit son cheval à 1 écurie et se cacha derrière le poêle. 
Et lorsque ses frères arrivèrent, il les entendit qui disaient à leur 
père : 
— Quant à Janos, il est resté en route; il a choisi un si mauvais cheval 
qu'il sera forcé de 1 abandonner et de marcher à pied. 
— Vous êtes des menteurs! s’écria Janos en sortant subitement de sa 
cachette. Je suis arrivé ici avant vous, et mon cheval est à l’écurie. 
— Eh bien, mes enfants, leur dit leur père, maintenant que vous voilà 
riches, il faut aller chercher femme... Mettez-vous en route sans perdre 
de temps, et revenez bientôt. 
Le lendemain, les onze frères, orgueilleusement montés sur leurs che 
vaux, s’en allèrent de village en village à la recherche d’une fiancée, mais 
sans trouver ce qu’ils désiraient. Le cadet les suivait sur son piteux cheval, 
faisant vraiment triste mine.
	        
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