du temps des corporations, et que, par conséquent, on
peut supposer que c’est parce qu’il y a antinomie entre
elles et l’esprit corporatif. Mais en réalité, si les sociétés
d'achat sont d’origine si récente, c'est pour une tout autre
raison. L'idée de faire acheter par procuration, que ce
soit par un commissionnaire ou par une personne mo-
rale, ne peut être que toute moderne, car le commission-
naire acheteur est inconcevable dans un temps où
n’existaient ni échantillons ni standards, mais tout au
plus une idée morale des conditions que doit remplir
une marchandise donnée. (Le caractère uniquement mo-
ral des pseudo-standards d'autrefois n’est pas changé
par le fait que les conditions que devait remplir une
marchandise étaient souvent fixées par la loi ou par un
règlement corporatif). On ne peut, par exemple, donner
par lettre une idée exacte de la teinte dont on a besoin.
Savary, dont le livre : Le parfait négociant, a longtemps
été comme le bréviaire de la classe commerçante, résu-
me la situation par ce proverbe qui avait cours de son
lemps (17e siècle) : « Qui fait faire ses affaires par com-
» mission va à l'hôpital en personne. » (Cf, Sombart, Der
moderne Kapitalismus. IT, p. 554).
Pourquoi donc, pouvons-nous nous demander d’autre
part, les services d’escompte ne constituent-ils, sans les
sociétés d'achat, qu’une demi-mesure ? Tout simple-
vient parce que l'escompte n'étant que le prix dont on
paye le service que rend au commerçant l’acheteur qui
s’acquitte au comptant, il ne représente pas, au moins
dans des conditions normales, une remise sur le prix
de base de la marchandise et n’empêche pas celui-ci
d'être trop élevé. Sans doute, le paiement comptant,
en diminuant les pertes (intérêts, débiteurs insolvables)
éprouvées par le commerçant, fait diminuer aussi les
frais généraux, et exerce par là une influence sur les
prix, mais cette influence est bien indirecte et pas assez
marquée. Pour tenir contre ses adversaires, le petit com-