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pendant de l’Etat et des institutions publiques, investies
de fonctions essentielles à la vie des organisations dont dépend
ce personnel, ne peuvent, sous peine de graves sanctions disei-
plinaires, s’associer de quelque façon que ce soit. (Articles 11
et 12).
a) Du « monopole syndical ».
On peut affirmer que le point central de ce système est
le syndicat unique reconnu pour chaque catégorie, c’est-à-
dire ce qu’on désigne, par une expression impropre, sous le
nom de «monopole syndical» en opposition à la «liberté
syndicale», c’est-à-dire à la possibilité d'existence de plusieurs
syndicats de chaque catégorie. Nous avons déjà vu ci-dessus
et nous verrons par la suite que la liberté syndicale est,
dans une certaine limite, maintenue par le projet de loi.
Nous disons que l’on emploie une expression impropre
lorsqu’on parle de monopole syndical, à propos du système
qui limite la reconnaissance légale à un seul syndicat, car
l’expression monopole évoque l’idée de privilège odieux, tandis
que l’unité syndicale a pour base, au contraire, une véritable
représentation des intérêts professionnels de tous ceux qui ap-
partiennent à une même profession.
Précisons mieux ce point.
La liberté illimitée de constituer, au sein d’une même
profession, un nombre indéterminé de groupements syndicaux
aux tendances divergentes ou antagonistes est en opposi-
tion avec l’idée de l’unité des intérêts professionnels. La liberté
syndicale illimitée conduit au fractionnement et par conséquent
à l'impuissance de la représentation professionnelle. Avec la
liberté syndicale illimitée, le syndicat est une arme de guerre
et non pas un instrument de paix sociale. Un syndicat fait
concurrence à l’autre pour le plus grand dommage de la col-
lectivité des travailleurs. Et, faute d’une autorité publique
qui puisse dire lequel des syndicats détient la véritable re-
présentation des travailleurs, la victoire reste au syndicat le
plus fort. Comme on l’a fait observer au cours de la discussion
à la Chambre des Députés, la liberté syndicale eut pour
effet, en Italie comme ailleurs, la multiplication des organisa-
tions ouvrières. Les partis politiques divisèrent tous les
travailleurs en de si nombreux groupes, que ceux-ci se trou-
vèrent affaiblis devant les classes patronales qui n’eurent
jamais qu’une seule organisation. De fait une catégorie