Object: La Hongrie de l'Adriatique au Danube

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r>E L’A D II 1 ATI QUE AU DANUBE. 
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« — Il y a, dit-on, beaucoup de bandits et de « pauvres garçons « qui se 
réfugient dans cette forêt. Ils pourraient trouver à leur convenance les 
chevaux et la voiture de madame la comtesse; voilà sans doute ce que 
craint le cocher. Ah! comtesse, ma déesse, ce n’est pas une plaisanterie 
(pie de voyager à pareille heure dans une forêt toute noire... Si seulement 
j’avais pris mes pistolets avec moi!... 
« — Pour qu’on vous les prenne aussi, riposta le petit démon en riant. 
Pt là-dessus, ouvrant la portière, elle sauta, légère comme un oiseau, hors 
de la voiture. 
“ — Quelle nuit délicieuse! Comme la forêt est parfumée! s’écria-t-elle. 
Comme les vers luisants scintillent! Venez donc voir, baron. 
« J avançai la tête dans l’obscurité. — Il fait noir comme dans un four. 
.le ne vois rien, comtesse; je ne vous vois même pas. 
“ — Comment! vous ne voyez rien? Et cette lumière là-bas!... Car c’est 
une lumière qui brille à travers les arbres. On dirait qu elle se dirige de 
notre côté. 
« Mon sang lit un tour et se glaça. Le cocher, d’une voix étranglée, 
répondit à la comtesse : 
»—Cette lumière indique à Votre Grâce l’hôtel où les brigands ont 
1 habitude de descendre. 
» — Charmant ! fit-elle, charmant ! Et elle ajouta : Cocher, à l’hôtel des 
« pauvres garçons » ! 
« Jugez de mes angoisses, de mon désespoir. 
« —Au nom du ciel, lui dis-je, que faites-vous, comtesse? Vous allez 
vous mettre dans la gueule du loup... Cette auberge est une caverne de 
voleurs. L aubergiste, de concert avec sa clientèle, doit dépouiller et assas 
siner les voyageurs... Récemment j’ai lu dans les journaux... 
« Elle partit d’un éclat de rire. 
« — Ce ne sont que des contes, fit-elle, des contes... que vos histoires 
de journaux! Enfin nous ne savons ou aller passer la nuit; s’il y avait une 
autre auberge dans les environs, nous pourrions y descendre; mais il n’y 
en a pas. Nécessité fait loi. Pour ce soir, il faudra nous contenter de cette 
ici tarda. 
« Elle donna ordre au cocher de la suivre lentement avec la voiture. 
« — Je prendrai les devants, dit-elle, et j irai à pied pour te montrer le 
chemin. 
« Toutes mes observations, toutes les histoires de brigands que je lui 
rappelai ne servirent de rien; elle nous menaça de se rendre seule à 1 au 
berge, si nous ne voulions pas la suivre.
	        
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