fullscreen: La crise du petit commerce

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remède étant illégal au fond malgré l'ombre de légalité 
que lui prêtent les ordonnances spéciales, on n'ose pro- 
céder à l'application avec une énergie suffisamment 
efficace et donner aux mesures prévues l'extension pro- 
gressive qu’elles comportent. Quand l'Etat intervient, il 
est obligé de redoubler les doses pour que son interven- 
tion soit suivie d’effets ; l’adversaire sait s'adapter aux 
mesures prises, à moins qu’on ne lui ferme absolument 
toutes les issues. Et l'Etat se découragera vite d'inter- 
ventions répétées dont il ne récoltera absolument que 
les inconvénients. 
Il y a quelque chose de plus redoutable encore dans 
la politique négative. En donnant à la profession de 
détaillant le lustre d’une profession directement protégée 
par l’Etat, une sorte d’auréole de fonctionnarisme, elle 
rontribue encore à accentuer le recrutement exagéré qui 
caractérise cette profession. Et cet afflux nouveau sera 
formé d’éléments surtout incapables, volontiers portés 
à s’imaginer que la protection officielle rend les capa- 
cités superflues. Autrement dit, sur ce point capital de 
l’assainissement de la profession, la politique négative 
ne résout rien, au contraire. Elle ne fait pas appel à l'ac- 
livité, mais au contraire à la paresse *. Elle offre une pri- 
me aux non-valeurs. Intervenant au nom du droit des 
détaillants à l’existence, elle protège ceux qui possèdent 
le moins ce droit. Elle donne un aspect faux et dange- 
reux de bienfaisance officielle à la tâche de l’Etat dans 
le domaine économique. 
« Les conditions sont peut-être encore pires dans le 
! «Certes ces derniers (les détaillants en lutte contre les 
> grands magasins) peuvent songer tout d’abord à engager 
»la lutte sur le terrain fiscal en demandant que les taxes 
> qui frappent les grands magasins soient revisées. Mais à 
» côté de cette formule paresseuse, des efforts sont nécessai- 
»res.» (André Blum. Détaillant de l'Est. 25 décembre 1928. 
p. 7.)
	        
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