thumbs: Principes d'économie politique

PRINCIPES D'ÉCONOMIE POLITIQUE 
hygiéniques plus fréquents, des livres instructifs, certaines 
récréations telles que promenades, voyages, sports, concerts, 
surtout l’éducation des enfants — il faut voir là moins des 
dépenses qu’un placement, et le meilleur de tous puisqu'elles 
augmentent la valeur de l’homme et sa productivité. 
Quant aux riches, le conseil inverse que leur donne Mon - 
tesquieu et tant d’autres après lui, de dépenser largement, 
est-il mieux justifié ? 
Mais si c’est aux riches qu’incombe le devoir de dépenser, 
à qui donc incombera le devoir d’épargner ? Ne serait-il pas 
monstrueux de le rejeter sur les pauvres ? 
L’utilité sociale de l’épargne consiste à former, par la 
réunion des épargnes privées, une masse de capital dispo- 
nible où les entreprises nouvelles pourront venir puiser au 
fur et à mesure de leurs besoins. Si la France a pu tenir 
honorablement son rang de puissance industrielle, à côté 
de pays supérieurs par leur population, leur activité, leur 
outillage, c’est surtout à sa puissance d’épargne qu’on 
l’attribue. 
Puisque l’épargne est utile au pays, elle est donc un devoir 
mais seulement pour ceux qui peuvent la faire sans laisser 
en souffrance aucun besoin légitime. Ceux-là sont ou 
devraient être « les économes » de la société — dans 
l'ancienne et forte acception de ce mot. 
Il faut donc louer et non blâmer le riche qui épargne. 
Et même s’il ne donnait pas à son argent un emploi productif, 
s’il le thésaurisait dans le sens le plus étroit de ce mot — 
hypothèse qui n’est plus guère à craindre — même alors 
il ne porterait préjudice à personne. Ces pièces de monnaie 
qu’il enfouit en terre ou dans son coffre-fort, que sont-elles 
en effet ? Chacune d’elles, nous le savons, doit être considérée 
comme un bon qui donne droit à son possesseur de prélever 
sur l'ensemble des richesses existantes une certaine part 
(voir p. 276). Or, l'homme qui épargne ne fait rien de plus 
que déclarer qu’il renonce pour le moment à exercer son 
droit et à prélever sa part. Très bien ! libre à lui : il ne fait 
tort à personne. La part qu’il aurait pu consommer et qu’il 
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