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» moins dans le même sens, c’est-à-dire qu’une grande
» concentration s'opère dans la distribution et l'échange
» des produits. » (pages 311-312).
Est-ce à dire que cette concentration ne laissera rien
subsister en dehors d’elle ? Nous savons déjà que l'auteur
estime qu’il y aura toujours des petits magasins
(cf. notre note 3, p. 19). Est-ce à dire d’autre part que les
grands magasins se verront un jour les maîtres du marché
et en profiteront pour juguler le consommateur ?
L'auteur ne le croit pas :
« Quant à la constitution de monopoles gigantesques
» qui relèveraient les prix, après avoir tué la concur-»Tence
des petits marchands, l’idée nous en paraît ab-»
surde dans un pays où règne la liberté du commerce
»et où les capitaux sont abondants… Il serait toujours
» facile de créer de grands magasins nouveaux si les
» anciens abusaient de leur situation. La concurrence
»la plus efficace, ce n’est pas tant la concurrence ac->
tuelle que la concurrence éventuelle. L'action préven-»
tive est ici très forte. »
Clerget, d’ailleurs moins emballé que Leroy-Beaulieu
en faveur des grands magasins, ne croit pas non plus à
leur dictature future ou simplement éventuelle :
« Consacré à la vente de l’article courant, le grand
» magasin ne favorise pas les industries d'art dont les
» spécialités restent un des domaines réservés au petit
s commerce, Son monopole, qui n’est pas à souhaiter, ne
» doit pas être redouté. Le grand magasin ne peut ré->
pondre à l’infinie variété des goûts et des moyens d’as
chat, pas plus que sa concentration n’est à même de
» satisfaire le besoin local immédiat. Sa croissance, d’autre
part, a des limites qui ne sauraient être dépassées
» sans surcharger à l'excès les frais généraux et sans
s aggraver les difficultés de surveillance et de direc-»
tion » (op. cit, pp. 11-12).
Nous n’en sommes pas encore, donc, à « l’enrichisse-