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ment de quelques unités en attendant le monopole inté-
gral qui appauvrira, tout le monde » *.
Quels sont les avantages du grand magasin? C'est
encore Leroy-Beaulieu qui va nous indiquer ceux qu’il
lui trouve, en même temps qu’il répliquera à diverses
critiques en ce qui concerne leur droit d’être (la sempi-
ternelle question !), la mauvaise qualité de leurs mar-
chandises (à laquelle il refuse entièrement de croire) et
la déloyauté qui entacherait leurs procédés commer-
ciaux:
« Cette concentration du commerce de détail offre
» beaucoup plus d’avantages que d’inconvénients, Elle
» est d’abord respectable parce qu’elle est un effet de la
» liberté individuelle. Elle épargne le temps de l’ache-
>teur en lui faisant rencontrer dans le même édifice
» mille objets différents, tout achevés, qu’il eût dû au-
» trement chercher dans vingt boutiques et souvent com-
» mander d’avance. Elle fournit, d’ordinaire, à meilleur
» compte, de meilleures marchandises. Dans une grande
» ville, la responsabilité d’un grand magasin. est beau-
>» coup plus sérieuse que celle d’un petit. Celui-ci, qui
» Vit souvent sur une clientèle de passage et variable,
» peut tromper l'acheteur sans en éprouver de préjudice
» durable ; le premier détruirait rapidement sa réputa-
> tion s’il n’était pas loval » ?, 3.
* L. Goyard, La Crise du Petit Commerce et le Syndica-
lisme, Paris, M. Giard & E. Brière, libraires-éditeurs, 1911,
p. 7. «Syndicalisme » ne signifie ici ni plus ni moins qu’or-
ganisation professionnelle.
? Les commerces de détail dont la clientèle principale est
ane clientèle de passage sont certainement en infime mino-
rité.
3 C’est tout à fait l’opinion de Wernicke, qui décore les
grands magasins du titre de «Vorbilder strengster Reelli-
tät» (Die wirtschaftliche und soziale Bedeutung der Wa-
renhäuser, p. 10.) Le même auteur pose en quelque sorte
en principe l’affirmation suivante : « Die Vorwürfe, die man
» den Waren- und Kaufhäusern macht, sind ganz unzutref-
» fend.» (même ouvrage, page 2.)