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« Une culture supérieure à la simple instruction primaire
» manque naturellement aussi aux détaillants de
hasard. Où l’auraient-ils prise ? Non seulement c'est une
absence de culture professionnelle qui les caractérise,
mais ‘c’est aussi une absence de culture générale. À ce
point de vue-là encore, cette couche sociale tombe hors
de la classe moyenne *. De la condition d’avoir une certaine
fortune, ne parlons pas non plus ; nous avons faït
plus haut des constatations suffisamment tristes.
Et qu’en est-il de la fameuse indépendance économique
qui distingue la classe moyenne « ancienne », la
seule qui compte aux yeux d’un Suchsland, de la classe
moyenne « nouvelle », de seconde cuvée, si l’on peut dire,
parce qu’elle est formée de salariés ?
« L’artisan et le détaillant sont pour le moins aussi
» dépendants de leur clientèle que l’employé à traite-»
ment fixe de son patron : tous doivent travailler avec
» la même conscience pour assurer leur existence. » *
Si ce n’était que cela, il n’y aurait pas grand mal,
mais hélas ! il y a les soucis que donnent la concurrence
et la situation économique générale, ce que les Allemands
appellent la conjoncture, et qui diffèrent singulièrement
de la tranquillité d’esprit, de l’insouciance des
« traitements fixes ». I] y a la nécessité de courber l’échine
devant les puissances politiques, ce que le salarié
! «Diejenigen Mittelstandsfreunde, die prinzipiell und unter
allen Umständen die Vorzüge des Kleinbetriebes prei-»sen
und ihn auf alle Fâälle erhalten wissen wollen, über-»sehen
dabei, dass, Wie gesagt, die Mehrzahl dieser Klein-»
betriebe gar nicht zum Mittelstand gehôrt, dass die In-»haber
viel mehr, was ihre technisch-kaufmännische und
» allgemeine Bildung, wie ihre Mittel und soziale Stellung
» betrifft, zu den unteren Kreisen, zum Proletariat, gehô-»
ren.» (Wernicke, op. cit, p. 312.)
? Dr O. Leimgruber, dans son rapport sur Les buts et les
tâches de l’Union internationale des classes moyennes, p. 32
du Compte-rendu du Congrès international des Classes
moyennes de 1924.