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semble, le tableau qu’on aurait tracé de la situation en
1914 ait cependant cessé d’être exact dans les grandes li-
gnes.
Il faut éviter de parler du destin de la classe moyenne
en style alarmiste ‘. Nous avons constaté nous-même, au
cours de cet écrit, que sa situation est grave, la prolétari-
sation ayant pénétré dans ses rangs, mais nous avons pu
nous rendre compte aussi qu’elle garde un noyau dont
l'importance sociale est plus grande et les conditions de
vie plus larges que jamais. Ce sera note tâche, dans la se-
conde partie de la présente étude, de montrer que
la classe moyenne du commerce a plus d’un moyen pour
se tirer du mauvais pas où elle se trouve actuellement,
que tout ne reste pas à faire, et que ce qui a déjà été
fait est très encourageant.
La classe moyenne aurait sans nul doute intérêt à se
désolidariser de ses éléments prolétarisés. Elle sait jus-
qu'à un certain point agir en conséquence, comme nous
le verrons à propos des services d’escompte. Malheureu-
sement, dans les Etats démocratiques, où la valeur d’un
mouvement se mesure au nombre de ses adhérents, les
détaillants peuvent être entraînés à admettre un peu
n’importe qui dans leurs rangs, car si piètre que soit un
» la guerre ou tôt après les classes moyennes, surtout des
p» Etats centraux, occupées soit dans la production, soit dans
» l'échange des biens.» (Sic.) (Le Dr. Leimgruber, auteur
de l’original, n’est évidemment pas responsable du style de
cette traduction. Ce texte est pris à la page 38 du Compte-
rendu du Congrès des classes moyennes, de 1924.)
! Comme Paul Beuttner (Mittelstandsgrundsätzliche Ge-
dankengänge, brochure de 16 pages, éditée par l’auteur qui
a le titre de Thurgauischer Gewerbesekretär. La brochure
est de 1928, et la présente citation, prise de la page 4, qui a
cette phrase : «Die mittelständische Berufs- und Standes-
perhaltung ist im heutigen wirtschaftlichen und geschäftli-
» chen Entwicklungsgange zu einer ausgesprochenen Schick-
d salsfrage geworden. »