Full text: La crise du petit commerce

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et, accessoirement les grands magasins *, distribue au- 
jourd’hui un escompte uniforme de 6 %. Mais au début, 
cet escompte n’était pas unique ; il variait, suivant les 
possibilités des sociétaires, de 5 % à 15 %. 
D'autre part on peut dire que c'est une nécessité im- 
périeuse qui a imposé bon gré mai gré les services d’es- 
compte aux détaillants. On peut constater qu’en Allema- 
gne, tandis que les services d’escompte se développaient 
vigoureusement, au point qu’en sept ans (1898-1905) 
cent mille détaillants y adhéraient, les unions de détail- 
lants élevaient contre eux une protestation aussi véhé- 
mente que vaine. * 
C’est tout à fait indépendamment l’une de l’autre que 
la Suisse et l’Allemagne ont développé leurs services 
d'escompte, à ce point que la société bâloise déjà citée a 
pu s'imaginer que c’était elle qui avait donné aux dé- 
laillants allemands l’idée de cette forme de politique po- 
révélateur de l’état. d’esprit de certains milieux de détail- 
lants estimant que tout est permis envers des gens assez 
indignes pour «frustrer» le commerce de détail tradition- 
nel de son « droit à la clientèle ». 
* «Aber auch den Warenhäusern gegenüber, die mit der 
> Unkenntnis der breiten Massen rechnen, gilt unsere Stel- 
>lungnahme.» (Cité par Faucherre, Die Händler-Rabatt- 
sparvereine, p. 58). 
* Ce ne serait plus possible aujourd’hui, à moins de re- 
courir à la pratique du «double timbre », que l’on rencon- 
tre quelquefois, mais que nous estimons condamnable. Nous 
iaisons également toutes nos réserves sur la pratique qui 
s’est établie dans certains endroits en marge du service 
d’escompte et qui consiste en ceci: certains spéculateurs 
au petit pied rachètent à vil prix les carnets de timbres non 
complets de ménagères en mal d’argent, les complètent, puis 
les négocient pour leur propre compte. Le service que 
rend ce «petit commerce » à la clientèle qui change de do- 
micile ne compense pas le tort qu’il fait au principe même de 
l’escompte uniforme. 
3 «Die Idee der Händler-Rabattsparvereine stiess anfäng- 
>lich bei allen Kleinhändler-Verbänden, auf heftigen Wi- 
» derstand. » (Faucherre, op. cit, p. 55).
	        
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