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soi-disant gracieux, et sur la valeur duquel l'acheteur
(c’est le principe du système) porte naturellement un
jugement toujours trop favorable. Une vigoureuse cam-
pagne a été faite, en Suisse, en 1929, contre les articles
à primes ; elle a abouti à la fondation d’une Union con-
tre le système des bons et primes. Notre intention n'est
pas d’énumérer ici toutes les raisons qu'ont les détail-
lants de considérer le système des primes par les fa-
briques comme nuisible à leur profession : ces raisons
sont nombreuses et solides. Mais nous devons insister
sur les dangers du système des primes pour les services
d’escompte. Ils se résument en ceci : les soi-disant bons
d’escompte des fabriques créent dans l’esprit du public
une sorte de confusion avec les rabais du commerce de
détail. Et le discrédit qui ne peut manquer d’atteindre
les premiers s’étendra fatalement, à la longue, sur les
seconds. Peu importe aux fabriques, qui, lorsqu’un
moyen de réclame est usé, ont toujours la possibilité de
passer à un autre. Il n’en va pas de même pour le petit
commerce, pour qui la ruine du système des services
d’escompte présenterait une catastrophe.‘ ?
! La vigoureuse campagne de presse entreprise par exem-
ple par le Journal suisse des Artisans et Commerçants con-
tre le système des primes mériterait d’être analysée de près.
(V. les numéros des 1er février, 15 mars, 1er mai, 15 juin,
etc. 1929), Nous reproduisons ici, comme présentant bien
rassemblés, avec une particulière netteté, tous les éléments
caractéristiques de la question, l’article du 1er mai 1929, si-
gné D, et intitulé : Timbres-rabais faux et véritables.
Dans une brochure intéressante de M. Huth intitulée Du
système des bons et des primes, l’auteur fait remar-
quer que les bons sont souvent appelés «timbres-rabais ».
C’est un true fort apprécié chez les maisons qui pratiquent
ce système ; elles prêchent les bienfaits du rabais auquel elles
assimilent leurs bons-primes avec une candeur touchante,
histoire de mettre fin aux initiatives qui voudraient que le
système des bons-primes soit prohibé par la loi. M. Huth
explique avec raison qu’il faut faire la différence entre les
timbres-rabais faux et les timbres-rabais véritables Ces der-