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élevé le chiffre de 500,000 fr. donné comme limite supé-
rieure du chiffre d’affaires du petit commerce.
La définition du petit commerçant pourrait être com-
plétée, ou plutôt restreinte, par des considérations tirées
de la marchandise vendue ; mais, à cet égard, il est assez
difficile de dire où commencent et où finissent les dé-
taillants. Ce dernier nom nous indique qu’ils vendent
des marchandises qui se détaillent, par conséquent des
marchandises dont le public fait un usage courant par
petite quantité. Un bijoutier n’est pas un détaillant, mê-
me si certaines des choses avancées dans ce travail
sS’appliquent pleinement à sa profession. Et à tout pren-
dre, un boulanger ne l’est pas non plus, quand bien
même il souffre en partie des mêmes maux : encombre-
ment de la profession, abus du crédit par le consom-
mateur, etc, et est exposé aux mêmes concurrences
redoutables (boulangeries coopératives). Mais le bou-
langer n’est pas avant tout un commerçant, c’est un
artisan qui vend des produits qu’il fabrique, Même les
bouchers formeront, parmi les détaillants et presque en
marge de ce groupe, une classe à part, caractérisée par
le fait que l’exercice de la profession de boucher de-
mandant un capital important, un des traits caractéris-
liques du commerce de détail actuel, soit l’abondance
des toutes petites entreprises presque démunies d’argent,
manquera dans la profession des bouchers *. En fait, les
considérations auxquelles nous nous livrons plus loin se
rapporteront avant tout au commerce de l’épicerie, au-
quel se joindront, mutatis mutandis, la mercerie, la
droguerie, et, avec des traits communs dont le nombre
* Cf. Wernicke, op. cit, p. 312-313 :
«In den distributiven Gewerben wird der Kleinbetrieb
pniemals entbehrt werden kônnen. Diejenigen Betriebe, die
peine mehr oder weniger grosse Kapitalanlage erfordern,
» Wie namentlich die Fleischerei, erhalten hierdurch schon
d'einen gewissen Konkurrenzschutz ».