— 12 —
opportun cependant d'ajouter que le problème n’est pas
exclusivement d’ordre technique; il est aussi d'ordre
économique.
Si nous résumons ce que nous avons avancé dans ce
zhapitre, nous obtiendrons, du petit commerçant qui va
nous occuper, les caractéristiques suivantes :
Le chiffre annuel de ses ventes est en tout cas inférieur
à 500,000 francs. Son magasin, qui lui appartient,
n’occupe guère plus de cinq personnes. Il est plus ou
moins spécialisé dans la vente de certains articles, et,
dans la règle, d’articles qui se consomment ou qui
sS’usent et dont l’acquisition doit par conséquent être
plus ou moins fréquemment renouvelée. Ces articles se
détaillent, c’est-à-dire se vendent, dans la règle, par
quantités restreintes représentant des montants relativement
peu élevés, Enfin, le détaillant jouit, ou devrait
jouir, d’une culture qui l’élève au-dessus du niveau
moyen du prolétaire, ne serait-ce que sous la seule
[orme du savoir commercial.
Ce sera l’objet d’un chapitre suivant de décider jusqu’à
quel point les personnes qui se présentent à nous,
dans la pratique, en s’intitulant commerçants indépenlants,
possèdent en réalité les caractéristiques énoncées.
Ce qui nous intéresse pour le moment, c’est le rôle
apparent joué par ces personnes. Or, il semble, au premier
coup d'œil, que ce rôle soit des plus enviables, Il
est en tout cas des plus enviés, à en juger par le nombre
zonsidérable de personnes qui embrassent la profession
de détaillant.
De 1888 à 1920, le nombre des personnes exerçant une
profession a augmenté en Suisse de 43 %: Par contre,
le nombre des personnes occupées dans le commerce
café, ce qui n’empêche naturellement pas Champion d’avoir
raison, en nous montrant ces derniers s’annexant peu à peu
le chocolat. le sucre. ete.