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L'après guerre, par suite de la dépréciation de la mon-
naie et de la hausse soutenue des prix qui en résultait
forcément, a donné une impulsion formidable à cette
passion des Français pour la carrière commerciale et
rela malgré la fiscalité excessive qui aurait dû décou-
rager les plus entreprenants. N'importe qui se mettait
sans hésiter à vendre n’importe quoi. La stabilisation, et
la hausse du franc dont elle a été précédée, a naturelle-
ment mis un terme à l’ère des bénéfices faciles, sans que
ceux qui ont été atteints par ce ralentissement des affai-
res en aient du reste toujours compris l’origine. IL n’en
reste pas moins que l'activité commerciale a été si in-
tense pendant six ans que personne ne songeait à parler
d’une crise du petit commerce. ‘
La baisse de la valeur de l’argent a eu une consé-
quence favorable au commerce et sensible partout, bien
que naturellement plus accusée dans les pays à monnaie
dépréciée. C’est le découragement qui est résulté pour
l'épargne de la dévalorisation de l’argent mis de côté.
> des débitants, c’est-à-dire qu’ils exercent un métier portant
»à la fainéantise, ne développant pas la moralité, donnant
» d'ailleurs, de faibles gains. Si le chiffre des petits industriels
»et des petits commerçants se maintient en France, s’il
augmente même, les cabarets en sont en partie la cause ».
En partie seulement. Cette restriction est importante et
prouve que le fait fondamental reste : la profession de dé-
caillant était déjà bel et bien encombrée en France il y a
Juarante ans.
! Au sujet des commerces éphémères de la période d’infla-
lion, le Rapport des Galeries Lafayette pour 1927 (cité par le
Détaillant de l'Est du 25 décembre 1927, page 3) contient le
suggestif passage suivant :
«Les entreprises parasitaires, celles qui ne pouvaient sub-
» sister que dans la facilité et par la spéculation, disparaî-
> tront au profit de celles qui, dans la tourmente de ces der-
» nières années, n’avaient cependant pas voulu renoncer aux
>» habitudes du commerce laborieux et reçoivent ainsi aujour-
> d’hui la récompense de leur clairvovance ».