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Un autre passage du même auteur est tout aussi expli-
cite * :
« Quelle que soit la concentration de la production et
» de l’échange, il n’est pas.au pouvoir d’une société de
» supprimer absolument toutes les petites entreprises in-
dividuelles.
« L’Angleterre, le pays par excellence de l’industrie
» agglomérée, du grand commerce, des sociétés coopéra-
tives de consommation, fournit la preuve de cette vé-
>rité»”
Faucherre, dans une œuvre de polémique (en faveur
des coopératives) à laquelle manque l’impartialité que
nous avons précédemment reconnue à cet auteur *, après
avoir dit pis que pendre du commerce libre, est obligé
cependant de concéder qu’il n’est pas possible de l’éli-
miner * :
«Il va sans dire qu’il ne peut pas absolument être
! Op. cit, p. 294.
? Suit la démonstration statistique de cette affirmation
relative à l'Angleterre. Nous ne reprenons pas ici cette sta-
tistique trop ancienne.
3 C£ notre note 1, pp. 3 et 4. Il s’agit ici d’une conférence
laite le 12 mai 1918 et parue l’année suivante en brochure à
l'imprimerie de l’Union suisse des Sociétés de consommation,
à Bâle, sous le titre: Mittelstandsbewegung und Konsum-
genossenschaîten. L'auteur peut plaider les circonstances
atténuantes au sujet d’une œuvre qui est très sous l’influen-
ce du moment où elle a été écrite. Il ne faut pas trop de-
mander aux publications de la période de guerre. Il est
possible aussi que l’auteur, de 1912 à 1918, ait subi une sorte
de déformation professionnelle par suite de son travail au
service de l’Union des coopératives. Quoi qu’il en soit, nous
sommes en présence ici d’un véritable pamphlet d’un adver-
saire qui se donne le beau rôle, et la classe moyenne en
prend. comme on dit vulçairement. « pour son grade ».
* L'auteur en donne pour preuve que, cinquante ans après
le début du mouvement coopératif, les coopératives ne font
encore, en Suisse, que le 20 à 30 €, du chiffre d’affaires to-