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res à la fondation d’un foyer. Et naturellement, ce sont
les meilleurs éléments, les plus entreprenants, qui se
décident les premiers à cet exode, d’où un drainage des
meilleures forces de l’agriculture extrêmement funeste à
celle-ci. Mais un grand nombre de ces déracinés tiennent
à faire coup double : ils étaient paysans dépendants,
ils veulent devenir citadins indépendants ; ils étaient
salariés, ils veulent s’établir à leur compte ; le com-
merce de détail leur en fournit l’occasion trop facile :
« Non*, justement les ouvriers les plus intelligents et
>les plus économes de la campagne, ceux qui peut-
» être ont déjà joui de la confiance du propriétaire,
> comme maîtres valets, donnent leur congé et vont à
»la ville, non pour être ouvriers dans l’industrie, mais
> parce qu’ils veulent devenir des messieurs, parce
» qu’ils se trouvent trop bons pour le travail de la cam-
» pagne”, parce qu’ils veulent devenir. hommes d’af-
>» faires! Et voilà pourquoi un maître valet, qui pos-
»sède quelques centaines d’écus, part un beau jour
s pour la ville et y ouvre, avec ses quelques écus, un
» magasin de détail, pour jouer au monsieur. Si le
» magasin marche, tout va bien ; s’il ne marche pas, il
>» abandonne la partie, mais non sans avoir auparavant
réclamé à grands cris une protection légale et non
>sans avoir été soutenu dans cette prétention, fait
> étrange, par les cercles mêmes qui devraient avoir à
> cœur de retenir ces gens-là à la campagne: Un tel
! L’auteur cité répond par ce mot à ceux qui accusent
l’industrie d’être la grande responsable du dépeuplement des
campagnes.
? Nous venons de voir, avec le Dr Luick, qu’il existe à
leur départ une raison plus sérieuse.
3 Allusion à l'appui accordé par les partis agraires à la
politique de la classe moyenne des villes, appui quelque-
[lois purement électoral d’ailleurs. Verrait-on sans cela tant
de coopératives paysannes ? On lit, à ce propos, dans Wer-
nicke, op. cit, p. 368: «Die Kaufleute und teilweise auch
»die Mandwerker erblicken in den Konsumvereinen und