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étant, d’après ce que nous avons dit, très fréquentes,
elles finissent par constituer une véritable plaie pour
le commerce normal * Lorsqu'il fût question, au
début de ce siècle, à Saint-Gall, de frapper les grands
magasins d’un impôt spécial, un rapport sur l'influence
néfaste des Warenhäuser fut demandé au professeur
Schulze, de l’Académie commerciale de Saint-Gall. À
la grande déception des auteurs du projet de loi, le
professeur Schulze déclara ne pas croire à l'efficacité
de l'impôt proposé et affirma d’autre part bien haut
que, même sans les Warenhäuser, le petit commerce
ne roulerait pas sur l’or. (Que ce soit aussi notre avis,
résulte du fait que, tout en déclarant que le petit com-
merce est dans la misère, nous n’avons pas encore parlé
des Warenhäuser.) Sur le point qui nous occupe, le
professeur Schulze s'exprime en ces termes :
« L’'encombrement du petit commerce, et en partie
> par des éléments tout à fait impropres, qui s’établis-
» sent sans capital, sans connaître les marchandises et
» sans posséder les qualités de caractère requises, pour
» faire au bout de peu de temps un fiasco lamentable et
» être finalement contraints de liquider à des prix ridi-
>» cules, voilà ce qui cause le plus de tort aux maisons
>» sérieuses » ?
1 Sigfried Bloch (Die Entwicklungstendenzen im Tuch-
handel, cf. note 1 p. 50) estime (v. pages 168 et suivantes)
les ventes au rabais de marchandises d’occasion, dans la
branche du drap, sur la place de Zurich à un huitième du
chiffre d’affaires total. Ces achats et ventes de marchandi-
ses dépréciées au-dessous du prix du marché sont trop sou-
vent le fait de spéculateurs plus ou moins honnêtes ; ces
affaires irrégulières sont le champ clos de la concurrence
déloyale et de liquidations fausses à côté des vraies, de
sorte que leur influence perturbatrice est énorme.
«? Die Uebersetzung des Kleinhandels und zwar teilweise
» mit sehr ungeeigneten Elementen, die oft ohne Waren-
» kenntnisse und Kapitalbesitz. noch der nôtigen Charakter-