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ne peut d’ailleurs se développer que dans de certaines
limites. Il en résulte que, « par suite de l'élévation de
»la production, l'écoulement des marchandises devient
» un problème et le commerce, par là, passe du rang
» de métier à celui d’art ou de science » (Sombart) *.
Malgré la tendance à la concentration commerciale ”
et celle à l’élimination des intermédiaires (vente directe
par les fabriques aux consommateurs), le petit com-
merce aurait eu la partie belle dans le monde moderne
s’il avait bien voulu montrer la souplesse nécessaire et
s'imposer l'attitude rationaliste, en même temps que
l’activité intense, sans lesquelles un homme d’affaires
est inconcevable dans une société capitaliste. Il est en
effet impossible de se passer de lui, il l’était encore da-
vantage au moment où la grande production a com-
mencé à chercher d'autres instruments de distribution.
Une organisation de distribution ne se crée pas en un
jour. Le petit commerce avait sur tout organe de dis-
tribution hypothétique et futur l’avantage inapprécia-
ble d’être là, de n’être plus à faire. On ne comprend
pas qu’il n’ait pas mieux tiré parti de cet avantage, Le
fabricant n’a ni le temps, ni la compétence, ni les capi-
taux requis pour se lancer dans le commerce de dé-
tail. Que quelques fabricants se soient risqués avec suc-
cès sur ce terrain ne diminue en rien le danger que
courraient les autres à vouloir les imiter, Une entreprise
de vente comme celle des Chocolats de Villars S. À. res-
te nécessairement un phénomène exceptionnel. Concoit-
!«Infolge der Steigerung der Produktion aber ist der
» Absatz der Waren ein Problem, und der Handel dadurch
» aus einem Handwerk zu einer Kunst oder Wissenschaît
» geworden.» (Conférence de Breslau).
? «C’est une singulière erreur de croire qu’on puisse
» arrêter ce mouvement de concentration. Tout conspire à
»le développer. Il n’est même encore qu’au début, l’on peut
» affirmer qu’il ira beaucoup plus loin ». (Leroy-Beaulieu, op.
cit, p. 316).