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leurs italiens qui, par la suite, se divisa en diverses tendances
dont il est inutile de retracer ici l’histoire. Qu'il suffise de dire
que les tendances les plus avancées et particulièrement celles
du communisme furent et sont encore non seulement anti-
capitalistes mais encore et par dessus tout anti-étatistes et
internationalistes. Sur leur drapeau, le mot d’ordre inscrit
est la lutte de classe, leur moyen d’action est la grève, qui, par-
ticulièrement lorsqu’il s’agit de grève politique et de grève
générale ne peut être considérée autrement qu’une forme de
guerre sociale et civile.
II. — LE SYNDICALISME DANS L’ÉTAT.
PRINCIPES DIRECTEURS DU PROJET DE LOI.
C’est assurément une tentative hardie que de vouloir
résoudre par des mesures législatives l’antagonisme existant
entre les classes sociales et qui est immanent dans l’histoire.
Mais d’autre part, l’Etat moderne ne peut se borner à résoudre
le problème de la réglementation des rapports entre les indi-
vidus. C’est pour lui une nécessité vitale que d’affronter et
de chercher à orienter vers sa solution le nouveau problème
politique et juridique des rapports entre les classes produe-
trices, problème posé par le développement de la grande in-
dustrie ainsi que par la concentration et le formidable ACccrois-
sement de la multitude ouvrière.
Pour se déclarer favorable à une tentative de cette impor-
tance, il n’est pas nécessaire de supposer que le nouveau sys-
tème évitera à l’avenir toutes les crises et fera naître parmi
nous une paix sociale utopique et idyllique. De fait, les crises
sociales sont comme les guerres entre les peuples, que l’on ne
peut bannir pour toujours du monde mais que l’on peut, grâce
à des institutions déterminées, rendre plus difficiles et plus
rares. Ce à quoi il faut tendre, ce n’est pas à supprimer totale-
ment la lutte de classe qui, en tant que concurrence entre les
classes, est indubitablement un élément de progrès social,
mais à supprimer la lutte violente et quotidienne, la guerre
en permanence, perturbatrice et parfois destructrice de la
production; et cela en substituant au désordre actuel, pro-
vocateur de conflits violents, un système juridique d’encadre-
ment des syndicats dans la vie de la société et de l’Etat et
de solution des différends entre le capital et le travail.