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ne peuvent exiger des coopératives de consommation
qu’elles les livrent sans ristourne (la ristourne est un
bénéfice, qu’on ne peut empêcher la société de remettre
aux ayants-droit conformément à son règlement intérieur),
il en résulte que ce système favorise les coopératives
aux dépens du commerce libre sans qu’on puisse
imaginer même l'ombre d’un argument cohérent qui
légitimerait ce mode de faire. Les détaillants allemands
sont entrés en lutte avec les fabriques sur ce terrain, en
1908-1909 ; ils ont éprouvé un échec, lequel eût été évité,
d’après Faucherre, si le service d’escompte avait été complété
par une une société d’achat * Remarquons à ce
propos qu’il existe actuellement en Suisse de puissantes
sociétés d'achat en commun : le syndicat de réglementation
pour la vente des produits de la branche pharmaceutique
n’en réussit pas moins à faire triompher jusqu'à
maintenant les principes (?) de la vente au prix net
sans rabais.
Il est évident que, une fois groupés en service d’escompte,
les détaillants peuvent faire servir leur union à
d’autres fins qu’à la distribution de rabais, à condition
qu'une certaine unité subsiste entre les différents buts du
groupement. Celui-ci se propose, entre autres, toujours
de développer entre ses membres la conscience de groupe
et le sentiment de la solidarité ?. Le service d’escompte de
Lucerne, un des mieux organisés et des plus actifs
qu’en puisse citer, est non seulement une organisation
d’escompte, mais un instrument de lutte contre la concurrence
déloyale, lutte qu’il poursuit devant les tribunaux
*. La Société commerciale de Lyss, fondée en mars
1905, était à la fois un service d’escompte et une société
* Ibid, p. 167.
? «Hebung des Standesgefühles und der Solidarität in
» den eigenen « Reihen.» (Cité par Faucherre, op. cit. p. 1,
parmi les buts d’un service d'escompte).
3 V. Luzerns Handelsstand, p. 65.