196 LE PÉROU ÉCONOMIQUE
du mont Blanc. Au milieu de cette nature désolée et
inhospitalière, l’homme n’a pour compagnons que quelques
Hamas ou quelques vigognes qu’on distingue épars sur un
versant de montagne.
On nomme puna brava les endroits les plus sauvages
de cette région, par contre on désigne sous le nom de
paramos les terrains de la puna situés à une altitude
moindre où l’on trouve des plateaux un peu plus herbeux
et moins froids ; c’est le pays des troupeaux, Vychu (1) et
la luzerne y croissent comme dans la sierra proprement
dite.
Y. — La végétation de la sierra n’est ni abondante ni
variée, on ne trouve des arbres que dans les vallées
basses et abritées, dans ce cas on rencontre côte à côte
les végétaux de la zone tropicale et ceux des climats
tempérés. Les uns et les autres n’atteignent cependant
que des proportions ordinaires, même dans les vallées pro
fondes; ils sont d’apparence médiocre dans la plupart,
surtout si on les compare à ceux des versants de la mon-
tana. Quelques arbustes forment tout le combustible de la
chaîne centrale et des hauts plateaux, on les nomme
ccapu et ccanlli ; ils sont d’essence résineuse. Plus
encore qu’à ces arbustes, les indigènes ont recours pour
entretenir leurs foyers à des mottes de terre et d’herbes
sèches mélangées de taquia (2).
On trouve encore quelques buissons épineux croissant
entre les rochers, les tala qui montrent leurs branches
rachitiques, crispées et retournées sur le sol. Mais à côté
de cette végétation rabougrie, misérable, des plantes
fourragères, groupées par familles, s’étalent à perte de vue.
C’est le pays de la paja (littéralement paille), c’est-à-dire
(1) Pâturage des plateaux.
(2) Fiente de ruminant, particulièrement de ilama.