Full text : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

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ja Glavniatcha où étaient incarcérés les chefs Croates, assassinés
depuis, qui nous ont laissé une description pleine d’horreur et de dégoût?
 De ces tombeaux pour vivants, aucun Silvio Pellico bulgare ne
s'est évadé pour nous le dire, Dans ces derniers dix ans, vingt mille paysans
 ont été incarcérés, 14 villages incendiés; rien qu’en 1928, 67 personnes
 ont été massacrées, Quand la police est surmenée, elle procède à
des assassinats en masse; c’est plus expéditif. Coupables Ou innocents,
qu'importe: le bon Dieu saura les départager au ciel. Quelquefois dix
personnes, vingt et davantage sont adossées au mur et abattues par une
seule salive, sans autre forme de procès. Leur crime, personne n’a pu le
connaître, mais tout le monde le devine: parce qu'ils sont bulgares et
par conséquent suspects. Tout Macédonien est suspect. On a peine à
croire, que des crimes si monstrueux puissent être commis de nos jours.
Pourtant les faits sont là! ;
C'était le 3 mars 1923, au village de Garvan, district de Brégalnitza,
 département de Scopié. Fuyant la gendarmerie serbe et pour sauver
leur vie, plusieurs intellectuels bulgares se dirigeaient vers la frontière
bulgare. Le grand Joupan, Matkovitch, en personne, à la tête d’un détachement,
 découvrit leurs traces dans le village. Ne pouvant pas les
surprendre, il se saisit des villageois innocents, les accusant de recel
pour avoir facilité les fuyards. Il leur donne une demi-heure pour dire
où ils les cachent. C’est en vain que les villageois déclarent et protestent
qu’ils n’en savent rien. Le grand Joupan leur donne ordre de s'aligner
et commande aux mitrailleuses d'ouvrir le feu: 28 Bulgares Macédoniens,
 innocents, parmi lesquels 2 enfants de 12 et 13 ans tombèrent
inanimés, fauchés par les balles.
Dans le même district le fameux Matkovitch incendia en 2 jours,
20 villages et en récompense de ces hauts-faits, fut décoré de l’ordre du
mérite civil et envoyé à l’autre bout de la Macédoine, à Bitolia, comblé
de récompenses pour ces hauts exploits. C’est une ignominie qui méritait
cette récompense.
Ce qui fera fendre le cœur de tout homme de conscience, c’est les
raffinements des supplices auxquels sont soumis les Bulgares Macédoniens
 pour être amenés à renier leur nationalité. Ce sont vraiment des
châtiments inconnues aux enfers que même Torquemada tristement célèbre
 ne pratiquait pas.
Défense et par conséquent, punition, si l’on s'appelle, comme père
et mère, Bulgare; malheur si l’on est trouvé possesseur d’un livre bulgare;
 amende si l’on tient en mains un journal bulgare, tous les journaux
 bulgares étant défendus en Serbie. H est défendu de porter notre
nom propre et notre petit nom puisqu’il se trouve que ce sont des ñoms
bulgares ; il faut les remplacer par des noms serbes et les inscrire dans
les registres de l’état-civil ; les registres bulgares ont été brûlés, on ne
peut baptiser les petits enfants que des noms patronymiques serbes affichés
 sur une liste spéciale; il n’est permis de prier Dieu qu’en serbe, la
seule langue, probablement, qu’il comprenne. Le nouveau régime du 7
Janvier a. c. a voulu nous surprendre par une soi-disant réforme qui est
un renforcement de ce sacrilège, Dans un décret spécial, article 3, il
            
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