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proclamation contre des adversaires soumis, désarmés, les minorités
bulgares. Serbes, Grecs, et Roumains ont juré leur extermination.
Eblouis par leurs succès, ils sont incapables de voir 1e précipice vers
lequel ils courent entraînant avec leur propre pays, les‘ Balkans
et l’Europe toute entière. N’est-il pas possible de les arrêter dans
leur course fatale ? L'heure n’a-t-elle pas sonné où tous ceux qui. ont
charge d’âmes agissent pour imposer la’ raison à un fanatisme forcené ?
Expatriation, expropriation, extermination, — trois mots terribles qui
donnent une idée faible de ce dont souffrent les minorités bulgares — telle
est la triste réalité balkanique : c’est le dernier cercle des cercles infermaux
de Dante. Est-ce trop que de demander à la S. D. N. d’être un
peu humaine ? Est-ce réclamer des privilèges exhorbitants?. … ‘
On s’est attelé à une tâche impossible: supprimer à pew près deux
millions de Bulgares dispersés dans Jes trois Etats voisins-de la
Bulgarie,
La Serbie a débaptisé la Macédoine en ,Serbie du Sud“; la
Grèce a dénommé sa part du butin: ,Grèce du Nord“ ; le troisième
morceau, montagneux et inculte, a été laissé à la Bulgarie comme une
aumône. Quand même, la Macédoine démembrée n’est pas morte :
elle vit dans l’âme de ses enfants dispersés. Il y a dix siècles,
c’est de là que partirent les rayons resplendissants de la culture qui
ont illuminé tous les peuples slaves à commencer par les Bulgares.
Là, à Salonique, sont nés les apôtres. slaves,. les frères Sts Cyrille et
Méthode qui ont propagé le christianisme parmi les Slaves et les ont
dotés d’un alphabet, En Macédoine aussi, près du lac d’Ochride,
ont enseigné le bulgare et le christianisme St, Clément ét -St.
Naoum. L'histoire de la Macédoine ne date pas d’hier.. Sans remonter
au temps d’Alexandre le Grand, elle est pleine de victoires éclatantes
sur les champs de bataille et sur le terrain culturel. Ses Oppresseurs
enflés d’une outrecuidance de parvenus, ne réussiront pas à la radier
de la carte européenne par un tour d’escamotage.
Admettons qu’ils y parviennent. Reste encore les 500.000 Macédoniens
exilés en Bulgarie. Pourra-t-on extirper la nostalgie de leurs montagnes
boisées, le souvenir de leurs lacs azurés, l’amour de leur pays
natal, aussi puissant que le sentiment religieux qu’il remplace? Il est
permis d’en douter, à moins de ttouver un moyen radical pour exterminer
tous les refugiés dans la Bulgarie elle-même. Ce n’est ‘pas une
hypothèse seulement. Les Serbes y ont pensé et ont trouvé : annexer,
partager la Bulgarie entre voisins, Nous ne pouvons pas’ méconnaître
leur logique rigoureuse, ni les accuser de manque de suite dans leurs
projets ambitieux. ‘
On croit à Belgrade qu’en séparant la Macédoine par des frontières
infranchissables on arrivera à supprimer tous les liens historiques et culturels,
de joie et de souffrances des deux côtés d’une frontière artificielle
qui la partage. Pour y arriver il faudrait des siècles, Il ne serait
pas téméraire d’affirmer que les émigrés Macédoniens n’oublieront jamais