Metadata : Les droits des minorités bulgares et la Société des Nations

la S. D, N, rien ne nous autorise non plus à supposer que dans un moment
 si solennel, ils aient eu des arrières-pensées aussi machiavéliques,
Dans les documents et dans leurs paroles nous trouvons partout la même
pensée profonde et claire que, pour garantir la paix — et les acquisitions
 que la guerre apportait aux Etats nouveaux et agrandis, il fallait
se ‘faire concilier les minorités, a moins de soutenir que même
dans les traités internationaux les plus solennels, la plume ne sert pas à
Énoncer la pensée, mais à la dissimuler, supposition que nous rejetons
 avec indignation: À l’annonce d’une semblable interprétation soutenue
 en pleine séance de la Société des Nations, les minorités ont été
Saisies de stupeur en voyant que leur protectrice les vouait à une extermination
 sommaire pour la gloire des puissants de ce monde.
Par bonheur, cette prétention n’a pas été admise et ne pouvait
pas l’être par la S. D. N. Elle ne pouvait émaner que de la part d’une
personne qui n’a jamais senti son cœur palpiter sous le feu ardent de
l'amour du pays natal.
Nous nous réjouissons de constater que cette manœuvre n'a pas
eu de succès.

Les intéressés n’ont pas désespéré après cet échec; ils y reviennent
avec insistance, À petits coups, par des ouvrages d'approche, par des
détours, ils poursuivent le même but: saper les traités de paix. Il n’y a
pas que des droits de nationalité, il y a des devoirs aussi; les minorités
ne doivent rien entreprendre contre l’autorité et le pouvoir de leur nouvelle
 patrie, ni contre son intégrité; ils doivent être et rester des sujets
loyaux du nouvel Etat dont ils sont devenus des citoyens minoritaires,
C’est parfait, personne n’y peut contredire. Mais des citoyens égaux avec
devoirs et des droits aussi égaux. Et sous cet angle, demander l’exécution
 de ce qui leur est dû, s'adresser à leur Gouvernement ou se
plaindre devant la S. D. N.; exiger l’application d’un droit, ne peut
jamais constituer un élément de poursuite criminelle. Celà n’est ni manque
 de respect aux traités, ni relâchement des liens qui existent entre les
citoyens et le souverain, moins encore un attentat contre la souveraineté
de l’Etat. Nous avons entendu du haut de la tribune de la bouche d'un
orateur très estimé des paroles étranges: ,Il y en avait bien 80 millions
des minorités avant la guerre, il n’y en a aujourd’hui que 20 millions
qui se plaignent“. Il y avait des minorités avant et elles se plaignaient
avec raison; est-ce là une raison pour que ces mêmes minorités,
devenues majorités, malmènent celles qui sont tombées sous leur pouvoir ?
Est-ce une raison pour défendre aux minorités d'aujourd'hui de se
plaindre ? Au nom de la Paix du monde, les hostilités entre les diverses
nationalités ne doivent-elles pas avoir une fin?
Sur un point nous sommes tout à fait d'accord ; dès qu’une minorité,
 par ses agissements, par ses intelligences avec l’étranger, devient
un péril pour la sécurité de l’Etat, celui-ci a le droit de se défendre.
Mais avant de lui reconnaître ce droit, il faut regarder de près s’il a fait
son devoir envers ses sujets minoritaires ; sans cela il sort de la légalité,
reste hors des lois constitutionnelles, dans l’arbitraire, hors des traités
            
Waiting...

Note to user

Dear user,

In response to current developments in the web technology used by the Goobi viewer, the software no longer supports your browser.

Please use one of the following browsers to display this page correctly.

Thank you.