Full text: La crise du petit commerce

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ples formes, en éliminant tout esprit d’indépendance. La 
société d’achat, au contraire, veut rendre le détaillant 
indépendant pour qu'il puisse supporter la concurrence. 
D'un côté, on cherche à socialiser, de l’autre on veut 
servir et défendre la classe moyenne. Toute la différence 
est là. * ? 
1 Cest l’esprit qui importe, et non la lettre. Aussi le com- 
merce de détail ne craint-il pas le reproche d’hypocrisie 
parce qu’il combat les institutions qui veulent son anéan- 
tissement par d’autres institutions analogues par la forme, 
mais opposées par l’esprit. Non seulement il oppose aux coo- 
pératives de consommateurs les coopératives d’achat des 
détaillants, mais encore, c’est en partie à l’aide de suceur- 
sales qu’il se propose de regagner le terrain qu’ont conquis 
sur lui les magasins à succursales. Voici comment Branden- 
berger s’exprime à ce propos (La Croisée des routes, pp. 11- 
12) : 
«Pour concurrencer avec succès les coopératives et les 
» sociétés à succursales dans le domaine du ravitaillement, 
»le perfectionnement de l’achat et une répartition plus ra- 
» tionnelle ne suffisent pas. Le commerce de détail qui s’af- 
» filiera à temps voulu à la grosse organisation en retirera 
» aussi des profits. Il est vrai qu’il trouvera un jour devant 
plui une frontière naturelle qui signifiera que l’écoulement 
» des marchandises ne ‘pourra plus être dépassé dans un 
» certain rayon. Nous pensons en particulier aux magasins 
» de la branche alimentaire, la situation se présentant sous 
un jour différent pour les magasins dits «spécialistes ». 
» Devant cette limitation des moyens de répartition des 
» marchandises, le commerçant actif et entreprenant est 
palors dans l'obligation de prendre une grave décision : 
> doit-il, pour ne pas piétiner sur place, adjoindre à son com- 
» merce de nouvelles marchandises ou bien doit-il se confi- 
» ner dans la vente des articles qu’il connaît bien et diriger 
» alors son regard vers un domaine nouveau où les condi- 
ptions sont plus favorables ? En d’autres mots, il arrive un 
» moment où l’augmentation du chiffre d’affaires n’est plus 
> possible à l’emplacement primitif d’un magasin, mais 
) qu’elle peut se produire ailleurs. Comment ? par l’intermé- 
» diaire précisément de succursales. Cette solution, à notre 
> point de vue, est la bonne. Pour combattre les magasins des 
» sociétés à succursales et des coopératives de consomma- 
» tion, le petit commerce ouvrira lui-même des filiales. L’a- 
» vantage réel du moyen que nous préconisons sur l’adjonc-
	        
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